La culture de la prévention fait toujours défaut au Maroc

La culture de la prévention fait toujours défaut au Maroc

L’éducation sexuelle, on n’en parle pas encore au Maroc. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Association marocaine de solidarité et de développement (AMSED) qui a été présentée mardi 15 septembre à Rabat lors d’un séminaire sur l’intégration de la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et du VIH dans le cursus national d’alphabétisation. L’éducation sexuelle continue d’être un sujet tabou pour les femmes analphabètes. Pour celles-ci, parler sexualité est immoral et inconvenant.
Cette étude de base sur les connaissances, attitudes et pratiques des femmes analphabètes en matière de VIH/sida a ciblé 822 femmes issues de Tanger, Tétouan, Ksar El Kébir, Beni Mellal, Azilal,Ouarzazate et Agadir. L’enquête révèle que 91% des femmes sont contre les relations sexuelles avant le mariage. Plusieurs raisons sont avancées : la notion de risque dans les rapports de ce genre, la phobie de la grossesse hors mariage, le manque de responsabilité, l’erreur qui est incombée exclusivement au sexe féminin la pudeur. Cette étude met également en relief les connaissances des IST/sida. Il en ressort que les IST sont moins connues que le sida, 87% contre 29%. Une situation qui s’explique par le fait que le sida est plus médiatisé. Les campagnes télévisées et les ONG ont eu un écho important auprès des femmes analphabètes. A ceci, il faut aussi noter que dans l’imaginaire féminin, le caractère incurable du Sida est associé à la mort, un aspect qui les met davantage en alerte. A l’inverse, ces femmes associent les IST à des indispositions bénignes perçues comme naturelles.
L’étude montre une méconnaissance et une confusion des symptômes du sida. L’imprécision de l’information, la place démesurée de la rumeur expliquent en partie cette situation. Pour ce qui est des symptômes des IST, les résultats de cette enquête révèlent une confusion et une sous information alarmante. S’agissant du préservatif,30% des femmes interrogées affirment qu’il constitue le mode de protection le plus sûr. Parmi les autres moyens de protection, on note une focalisation sur l’hygiène. 20% pensent qu’il faut se laver après chaque relation sexuelle.19% d’entre elles déclarent qu’il ne faut avoir qu’un seul partenaire et 10% affirment que la pilule est un moyen de protection sûr. Ce qui retient l’attention, c’est leurs attitudes face aux IST.
L’étude révèle une négligence de l’infection. En effet, elles sont 16% à penser qu’il ne faut rien faire. Seulement 24% sont prêtes à se rendre dans un centre sanitaire en cas d’apparition d’IST et 15% pensent que le recours au pharmacien est primordial. A noter que 10% ont recours aux remèdes traditionnels (traitements par les plantes). Mais le plus surprenant est que 40% des femmes analphabètes sont pour la pratique de relations sexuelles après l’apparition des symptômes. Elles ne sont que 22% à vouloir s’abstenir de tout rapport. Cela s’explique par le faible pouvoir de négociation qu’elles ont dans leur vie sexuelle.
La décision de refuser des rapports sexuels les dépasse. Pour ces femmes, la maladie est perçue comme un sort. Et par conséquent, l’usage des moyens de prévention reste facultatif.

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