La difficile intégration de l’étranger

Aujourd’hui le Maroc : En quoi consiste le métier ou le travail de médiateur socio-éducatif en Espagne ?
Brahim Lemtit : Etre médiateur socio-éducatif signifie, fournir aux élèves issus de l’immigration un appui tout d’abord linguistique: apprentissage de l’espagnol pour les élèves immigrés. Ces élèves doivent apprendre à parler et à écrire pour remédier au sentiment de l’exclusion qui s’empare d’eux quand ils mettent les pieds pour la première fois dans un établissement scolaire espagnol.
La présence du médiateur peut être utilisée et à tout moment par tous les membres de l’école, élèves et enseignants confondus.
Le médiateur joue également le rôle de relais entre l’école et les parents d’élèves. Il prévient de la sorte tous les possibles chocs entre les deux cultures: celle du pays d’origine et de celle du pays d’accueil. Le médiateur doit être là pour intervenir et résoudre les possibles incompréhensions qui peuvent entacher la relation entre les parents d’élèves issus de l’immigration et l’administration scolaire locale. A ce niveau-là, j’insiste sur le rôle ambivalent du métier de médiateur qui se voit naturellement prendre le rôle de traducteur. Ce travail est indispensable pour le rapprochement entre les deux cultures. Sensibiliser les deux parties, les élèves et les enseignants, à la différence culturelle de l’autre, à son imaginaire…les faire goûter à ce qui est différent.
Quels sont les problèmes types auxquels se confrontent les élèves marocains dès leur arrivé aux collèges espagnols ?
Parmi ces problèmes, il y a celui de la langue. Un enfant qui ne parle pas l’espagnol est généralement vu par les élèves autochtones comme une sorte de bête étrange. D’où l’auto-exclusion systématique et la non-communication totale. Le deuxième problème fréquent que rencontrent les élèves marocains est celui des papiers: il y a encore malheureusement en Espagne, des écoles qui pratiquent de manière indirecte l’exclusion des élèves immigrés. Certains centres éducatifs demandent des documents administratifs qu’ils n’ont pas à demander. Ils exigent le maximum de papiers (dossier de scolarité du pays d’origine, acte de naissance traduit, certificat de résidence…etc) quand avec une simple photocopie du passeport marocain, un élève qui n’a pas de papier de résidence a théoriquement tous les droits de s’inscrire dans une école publique.
Que pensez-vous de l’enseignement religieux, et de l’islam en particulier, dans les centres éducatifs de la région de Murcia?
Malgré l’existence d’une convention entre le Maroc et le ministère de l’éducation espagnol, laquelle convention stipule l’engagement d’enseignants marocains pour des matières comme l’arabe et l’enseignement religieux, il n’y a malheureusement qu’un seul et unique professeur de l’islam non seulement à Madrid mais dans toute l’Espagne.

• Entretien réalisé par Rachid Mountasar, Murcia

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