La diplomatie offensive

Une délégation marocaine composée d’anciens dirigeants du front polisario, conduite par Brahim Hakim, est à Paris dans le cadre d’une tournée internationale destinée à alerter l’opinion internationale sur les risques de déstabilisation du Maghreb que comporterait le plan onusien. Les membres de cette délégation devront être reçus ce mardi par le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères, Renaud Muselier. Ils iront ensuite à Londres et à Berlin. La délégation envoyée à Paris comprend des chefs de tribus et d’ex-cadres du polisario, notamment l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Etat fantôche RASD, Brahim Hakim. A Paris, selon M. Hakim, ils doivent aussi avoir des entretiens avec les principaux partis politiques, notamment le Parti socialiste (gauche, opposition) et le l’UMP (droite, au pouvoir) et rencontrer la presse. Selon un mémorandum, les membres de la délégation souhaitent faire part aux dirigeants et à l’opinion européenne du rejet du plan Baker de l’ONU « par la majorité écrasante des Sahraouis » et de leur « rejet catégorique de toute solution au conflit du Sahara qui ne prend pas en compte la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire ». Le plan de l’ancien secrétaire d’Etat américain James Baker, représentant personnel du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, prévoit que le statut définitif du Sahara marocain sera décidé d’ici cinq ans par un référendum. Entre-temps, ce plan prévoit l’implication des séparatistes dans l’ensemble des opérations menant à cette échéance. Une démarche à même de porter préjudice à la souveraineté nationale du Maroc, avant même la consultation des populations concernées, et qui a été proposée sous la pression des autorités algériennes. D’ailleurs, ce n’est que suite à une intervention, de SM le Roi Mohammed VI, auprès des chefs d’Etat, des Etats-Unis d’Amérique, de France et de Russie, que cette version hostile aux intérêts du Maroc a été bloquée, momentanément. La dynamique diplomatique observée récemment s’inscrit dans l’optique de couper l’herbe sous les pieds des séparatistes. Outre l’Europe, des délégations marocaines sahraouies doivent aussi se rendre, d’ici fin septembre, dans plusieurs pays d’Amérique latine, ainsi qu’à New York au Conseil de sécurité de l’ONU. La présence de Brahim Hakim et d’anciens dirigeants du polisario dans la délégation marocaine qui se rend dans les pays d’Amérique latine revêt un caractère particulier dans la mesure où ces pays ont depuis longtemps constitué une force de frappe pour les séparatistes et leurs alliés. Le 31 octobre prochain, le mandat actuel de la MINURSO prendra fin. Mais, d’ici-là il est hors question pour les diplomates marocains de prétendre à un repos. Il y va de l’avenir du Maroc et de ses intérêts nationaux.

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