La dynamique des affaires

L’affaire du Sahara marocain a quitté depuis quelque temps certaines sphères du pouvoir où elle était cantonnée pour être versée dans le débat national. C’est une évolution importante à saluer qu’il convient de mettre sur le compte de la politique d’ouverture et de liberté qui fleurit sous le règne de S.M le Roi Mohammed VI.
Aujourd’hui, la société civile, ce qui était impensable il y a encore quelques années, commence à tenir un discours sur l’affaire de l’intégrité territoriale de son pays. Or, force est de constater que cette question est toujours en butte à la mauvaise foi de l’Algérie, qui bloque toutes les initiatives de règlement du conflit dans le sens du respect de la souveraineté marocaine sur ses provinces du sud. La dernière mascarade en date est l’option de partition de ces régions que le Maroc, toutes tendances confondues, a énergiquement rejetée. Cependant, un nouveau discours commence à se faire jour, qui aborde les enjeux de l’affaire du Sahara autrement, sous un aspect purement économique. Des deux côtés, marocain et algérien, on assure que ce qui ressemble les deux pays est plus important que ce qui les divise, à savoir le destin commun sur le plan économique et les opportunités offertes de part et d’autre. Les hommes d’affaires des deux pays trouvent anormal que les malentendus politiques continuent à bloquer toute forme de coopération économique.
Certains renchérissent que la réactivation d’un partenariat win-win peut être même une puissante locomotive et une réponse efficace pour apurer les litiges politiques. Attendre que ces derniers soient réglés une fois pour toutes pour réaliser de manière effective et fonctionnelle l’union du Maghreb arabe équivaut à continuer à perdre beaucoup de temps. Un tel raisonnement imprègne également les propos en privé des ministres des deux parties. Des propos justifiés à leurs yeux par la lassitude grandissante née d’un conflit qui n’en finit pas de durer.
À l’occasion su salon Gaz et Pétrole qui s’est tenu lors de la première semaine d’avril à Marrakech, le ministre algérien de l’Énergie et des Mines a développé devant son homologue marocain ce genre d’argumentaire. Pour lui, l’affaire du Sahara marocain ne correspond aucunement à une sensibilité qui traverse la société algérienne. Il ajoute que ce problème n’a jamais intéressé la population algérienne ni la classe politique. En effet, le conflit maroco-algérien, c’est connu, a été créé et entretenu par un pouvoir militaire algérien dont les hauts gradés, repus et riches en pétrodollars, ne se soucie pas du bien-être social ou de l’avenir du Maghreb. Un pouvoir qui mise avant tout sur l’affaiblissement rapide du Maroc qui, pour faire face au Polisario, serait obligé de consacrer tout son budget à la défense. Or, ces calculs ont été démentis.
Le Royaume est plus fort que jamais. Force est de constater que les ambitions hégémoniques du pouvoir en place à Alger sont pour le moins obsolètes. Faut-il continuer sur cette voie sans issue juste pour ne pas perdre la face ? Est-il raisonnable de s’obstiner à sacrifier l’avenir commun d’une région pleine de potentiel sur l’autel de considérations irrationnelles ?

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