La farine se met au fer

La farine se met au fer

La Banque Mondiale vient d’octroyer au Maroc un don de 2,92 millions de dollars, pour lutter contre les carences en vitamines et en minéraux. À travers ce don, un projet d’enrichissement de la farine en fer, en acide folique et en vitamine B, et d’enrichissement de l’huile en vitamines A et D a été lancé jeudi dernier, à Rabat. Financé précisément par le Fonds fiduciaire de l’alliance mondiale de la nutrition (Global Alliance for Improved Nutrition, GAIN), ce projet s’étalera sur trois années. Il faut noter que le ministère de la Santé compte réduire le cas des anémiques d’un tiers et éliminer les carences en iode et en vitamines A et D, à l’horizon 2010. «Ce don du GAIN concernera la production et la distribution d’aliments, le contrôle-qualité des produits alimentaires, le marketing social, le suivi et l’évaluation du programme national de lutte contre les carences en micro-nutriments, ainsi que la gestion du programme», précise Mustapha Mahfoudi, responsable du programme national de lutte contre les carences en micro-nutriments au sein du ministère de la Santé. C’est ainsi que le ministère de la Santé entamera dès le début de l’été prochain une large campagne de communication sur les bienfaits des aliments enrichis, destinée à sensibiliser la population sur les problèmes qu’engendrent les carences en vitamines et en minéraux. Les industriels, quant à eux, sont invités à suivre les dispositions du programme national de fortification des aliments de base, puisque ce projet vise en premier lieu les minoteries et les producteurs d’huile. Abdellatif Izem, le directeur de la Fédération nationale de la minoterie assure que «les moulins n’ont reçu aucun centime de cette somme octroyée par la Banque Mondiale et qu’ils doivent tout de même procéder à la fortification de la farine en fer». «Ce sont les industriels qui doivent acheter les produits d’enrichissement des aliments, sans pour autant augmenter les prix. Le logo d’aliment enrichi sur le produit final devrait désormais faire son entrée en tant que moyen de marketing pour les industriels », note Mustapha Mahfoudi.  
Ce don de près de trois millions de dollars bénéficiera donc uniquement au ministère de la Santé. Le responsable du programme national de lutte contre les carences en micro-nutriments fait remarquer également que selon les termes de la convention signée entre le ministère de la Santé et la Banque Mondiale, une opération d’évaluation de l’impact de la campagne de sensibilisation sera menée dans différentes écoles, et ce durant les trois années à venir. «Nous allons entamer une opération de prélèvements de sang sur des écoliers pour bien mesurer l’effet du programme national de lutte contre les carences en micro-nutriments», ajoute-t-il. Au Maroc, l’anémie affecte environ un tiers des femmes en âge de procréation et les enfants de moins de cinq ans. S’agissant de la vitamine A, près d’un tiers des enfants souffrent de carence en cette substance. D’ailleurs, elle a un rôle primordial dans le développement du système immunitaire, ce qui explique le décès annuel d’environ 1.500 enfants à cause de la carence en vitamine A.  Il faut noter que le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) est également impliqué dans ce projet.  Cette institution sera chargée à côté du ministère de la Santé de l’exécution des dispositions du programme national de fortification des aliments de base.    

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