La femme dans les affaires locales

Il s’agit de la promotion de la participation de la femme dans la gestion des affaires locales. Un sujet qui fait du remous un peu partout dans le monde, et qui reste cependant tributaire de la volonté politique. Cette donne a effectivement été relevée par les participants à cette rencontre.
La promotion de l’accès des femmes à la gestion des affaires publiques, notamment locales, est également tributaire « d’un climat socio-culturel favorable », a fait remarquer le chercheur Mohamed Darif. Ce dernier est revenu sur la question de la volonté politique en précisant « qu’elle est étatique et partisane ». Il a expliqué que dans certains pays occidentaux, le législateur a adopté des mesures facilitant sinon incitant à un meilleur accès des femmes aux postes de responsabilité au niveau local, comme c’est le cas pour la Finlande, le Danemark ou encore la France.
Pour M. Darif, le scrutin de liste à la proportionnelle favorise l’élection des femmes aux sphères de décisions, rappelant au passage que certains partis politiques occidentaux se sont imposés des instruments précis pour assurer la présence des femmes, comme le quota et la liste paritaire (un homme, une femme). Le juriste et parlementaire Messaoudi Al Ayachi a rappelé le changement du mode électoral pour les élections législatives, qui est passé du scrutin uninominal à un scrutin de listes, la réservation de 30 PC des sièges à la Chambre des représentants aux femmes et la révision de la Charte communale. Et de conclure que le Maroc « est sur la bonne voie » dans ce sens. Mme Rachida Tahiri, présidente de l’ADFM, tout en admettant que des avancées ont été réalisées, considère qu’il reste beaucoup à faire au niveau de la représentation des femmes au niveau local. Elle a révélé que lors des dernières élections communales, quelque 1650 femmes se sont présentées sur un total de 100.000 candidats. Mais, seules 84 candidates ont été élues parmi les 24.253 conseillers. Ce qui incite à réfléchir sur les moyens de remédier à cette situation. Par ailleurs, il va falloir faciliter à la femme la ré-appropriation de l’espace public-urbain qui reste encore masculin, avancera pour sa part une autre participante. Mme Fatima Belmouden, juriste et parlementaire, considère « qu’il est difficile d’aborder, au niveau local, les problèmes de certaines catégories sociales comme les femmes ou les jeunes, du fait de l’absence de stratégie communale ». Pour elle, l’essentiel des efforts est absorbé par la gestion des problèmes quotidiens comme la propreté et l’assainissement. C’est le même son de cloche chez le reste des autres intervenants. Ils estiment que la dispersion des moyens, l’absence de cohésion politique des élus et la mal-gouvernance ne permettent pas d’avoir une stratégie cohérente de développement à même d’aborder de front les problèmes de santé, de logement, de circulation, de culture et de loisirs.
Abdelhak Khyari de la wilaya du Grand Casablanca a évoqué plusieurs pistes de travail pour donner « un sens cohérent et convergent à l’espace urbain » et réorganiser les institutions pour remédier à la dispersion des moyens.
Selon le même intervenant, Casablanca dispose de potentialités humaines et matérielles suffisantes, pour devenir la capitale de la rive sud de la Méditerranée et non seulement la capitale économique du Royaume.
En conclusion, tous les acteurs, associations, partis politiques et autres composantes de la société sont interpellés pour réussir le passage vers le progrès, en garantissant les droits égaux des femmes et des hommes à la gestion de la chose publique. Les femmes devraient être aussi bien actrices que bénéficiaires de cette nouvelle conception.

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