La femme, l’enfance et la Moudawana

La nomination par S.M. le Roi d’un nouveau président de la commission royale chargée de la révision de la Moudawana a marqué l’actualité nationale ces derniers jours. Le département concerné est au coeur de la mêlée.
Dans ce sens, la secrétaire d’Etat en charge de la Famille, de la solidarité et de l’action sociale a indiqué que la réforme de la Moudawana s’impose plus que jamais. Mme Baddou a rappelé que feu Allal El Fassi avait recommandé dans l’un de ses ouvrages, publié dans les années 40 «Annaqd Dati» (autocritique) l’abolition de la polygamie. La secrétaire d’Etat insiste sur le fait que la protection de la femme est une nécessité qui relève du respect des droits de l’homme.
Pour Mme Baddou, la femme est «la plus touchée par l’analphabétisme, la misère et l’expulsion ». Et puis, poursuit-elle, «comment lutter efficacement contre la pauvreté si l’on continue à en fabriquer en permettant la répudiation des femmes avec des enfants?» Raison pour laquelle la protection de la femme est indispensable pour le devenir de la famille et de la société, en général, dans le but de lui permettre de jouir de tous ses droits (égalité de l’emploi et du salaire) et de lutter contre la violence, dont elle est victime. «On ne peut pas dissocier la condition féminine de la famille, puisque la femme est au coeur de la problématique familiale», affirme Mme Baddou. En tout état de cause, les droits de la femme et la condition féminine sont au coeur des préoccupations du département de tutelle. Cependant, d’autres chantiers sociaux tout aussi importants sont ouverts, et nécessitent autant de labeur. La pauvreté notamment. Sur ce volet, Mme Baddou estime que la solidarité mérite d’être «institutionnalisée» pour rationaliser son utilisation au service de la société. La secrétaire d’Etat a fait savoir que 16 guichets seront créés par son département dans les différentes régions du pays. Ce sont en fait des bureaux d’intermédiation et d’orientation en matière de solidarité sociale et auraient pour but de parrainer et de prendre en charge les personnes en situation difficile.
Ces guichets auront aussi pour tâche de réguler les dons. En ce qui concerne l’enfance, mme Baddou estime qu’il est devenu intolérable de voir des enfants travailler en remplacement des adultes et à des salaires très bas dans des secteurs comme le textile et l’artisanat. Un enfant doit être scolarisé et non employé, a-t-elle dit, appelant à l’application de la législation existante dans ce domaine. Elle a fait savoir, dans ce sens, qu’un code de protection de l’enfant est en cours d’élaboration pour rassembler en un seul texte toutes les lois relatives au sujet, qu’il faudra compléter et harmoniser avec les conventions internationales. Pour ce qui est de la situation des personnes handicapées, Mme Baddou s’est félicitée de l’adoption à l’unanimité de la loi sur l’accessibilité par les deux chambres du Parlement.
L’objectif principal, dans ce sens, est de faire passer la personne handicapée, au Maroc d’un statut d’assisté à celui de citoyen à part entière Mme Badou a par ailleurs, fait savoir que son département compte beaucoup sur les organisations non gouvernementales (ONG), avec lesquelles il a déjà commencé à signer des conventions de partenariat, pour mener son action sur tout le territoire national, surtout que ledit département n’envisage pas de se doter de délégations régionales. Au delà des déclarations, et dans une perspective de communication transparente, Mme Baddou fait savoir que le premier bilan de son département sera mis à jour, juste après l’Aïd al adha.

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