La fin du trio cagoulé de Lissassfa

Vendredi 1er février. Trois heures du matin. La salle de trafic de la sûreté de Hay Hassani-Aïn Chok, Casablanca a été alertée par “ la découverte du cadavre d’une personne de sexe masculin, la vingtaine, mi-nue, portant des coups d’une arme blanche au niveau du visage et de la tête, la lame foncée dans sa poitrine, gisant dans une mare de sang, sur la route secondaire, reliant la Route d’El Jadida, au niveau du kilomètre 09, près de la station d’essence »Petrom », et la minoterie donnant sur le douar Lakloucha, en passant par les douars L’Haj Bouchaïb Al Watani et Ouled Hajjam près d’une usine de confection, au quartier Lissassfa. Les éléments de la brigade criminelle de la police judiciaire se sont dépêchés sur les lieux. Le chef de la brigade sort son calepin et son stylo, commence à consigner les notes du premier constat d’usage. » Ce n’est pas l’acte d’un voleur, ses mille dirhams et son portable “Alcatel »sont toujours sur lui”, confie le chef de la brigade à son adjoint. “S’agit-il d’un crime dû à la vengeance ? “S’interroge-t-il en s’adressant à l’un de ses éléments.
Les enquêteurs remarquent que le cadavre est mi-nu. L’un d’eux entame les recherches aux alentours. “Chef, chef, viens voir“ s’adresse-t-il au chef de la brigade. Il le rejoint. Pas loin de dix mètres du lieu où se trouve le cadavre, derrière le mur d’un terrain aménagé pour la construction d’une usine, la jaquette, le tricot, la paire de chaussures du défunt étaient là. “Pourquoi l’auteur (ou les auteurs) l’a(ou l’ont) dévêtu et il (ou ils) a (ou ont) jeté ses habits? “ s’interroge un élément de la brigade. Qui a à ce moment la réponse? Personne. Le chef prévient aussitôt la salle de trafic : “ le constat d’usage est terminé, avisez la protection civile pour le lavage du sang et le fourgon mortuaire pour l’évacuation du cadavre vers l’hôpital médico-légal d’Aïn Chok“.
Des éléments de la brigade retournent au commissariat pour dresser le PV du constat d’usage. Alors que d’autres sont restés sur les lieux du crime pour effectuer le ratissage. Ils doivent en premier lieu identifier la victime et recueillir le maximum d’informations sur les auteurs du crime en deuxième lieu. “Le défunt s’appelle Abdelmoula El Wardy, et a élu domicile dans une chambre au douar Ouled L’Hajjam, près d’un terrain d’agriculture, pas loin du lieu de l’agression.
Il travaille dans une société du même quartier”, témoignent les uns. “Un trio cagoulé sème la terreur depuis quelques mois sur les lieux, au point que les habitants ne peuvent pas quitter leurs domiciles une fois la nuit tombée. Il a agressé un boucher en le blessant au nez.”, disent les autres. “Je n’arrive pas à concevoir comment ces habitants connaissent ceux-là et pourtant ils n’ont jamais déposé plainte”, s’interroge le chef de la brigade. “La peur, mon chef” lui répond l’un de ses éléments. Les enquêteurs n’ont pas pu fermer les yeux avant de mettre le trio hors d’état de nuire. C’est un crime qu’il faut élucider le plus tôt possible. Neuf jours plus tard. Le trio a été identifié, localisé et il ne reste plus que son arrestation. Le chef de la PJ a donné ses instructions de clore, samedi 9 février, cette affaire. Les enquêteurs se dépêchent au douar Ouled L’Haj Bouchaïb Al Watani, l’encercle et arrête sans trop de résistance le trio ; Abdelkrim, 23 ans, Omar, 20 ans et Saîd 19 ans. Ils ont été conduits au commissariat. “C’est moi qui l’ai tué… Lorsqu’on l’a attaqué, il a tenté de s’enfuir et il m’a menacé de me dénoncer à la police parce qu’il se rappelle de moi alors je lui ai assèné un coup de couteau… Oui on mettait des cagoules et s’habillait en noir pour guetter les passants des lieux obscurs”, on déclare Abdelkrim, le chef de la bande.

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