La flambée des prix des produits alimentaires menace les pauvres

La flambée des prix des produits alimentaires menace les pauvres

La Banque mondiale s’inquiète de l’évolution des prix des denrées alimentaires sur le marché international dont  le trend haussier, déjà préoccupant tout au long de ce dernier semestre, s’est fortement accusé à partir du mois de juillet. Dans la dernière édition de son rapport Food price watch, le document qui fait référence mondiale en matière de prix des grandes céréales et de sécurité alimentaire, l’institution  indique en effet  qu’en seulement un mois, entre juin et juillet, les prix du maïs et du blé ont progressé de 25 % et ceux du soja de 17 %. Selon  ce document, les prix du riz sont les seuls à avoir diminué de 4 %. En fait, l’indice global  des prix alimentaires établi par la banque  et  qui  suit l’évolution des cours des produits alimentaires échangés dans le monde, a été en juillet dernier supérieur de 6%  à son niveau d’il y a un an, et  de 1% à son record historique de février 2011. En pleine zone de  tempêtes : l’Afrique et le Moyen-Orient. Mais si  les pays  subsahariens sont  particulièrement menacés; autant par l’effet de conditions climatiques désastreuses que par celui de dysfonctionnements politiques qui retardent l’action efficace,  l’Afrique du Nord est logée à, relativement, meilleure enseigne.
Cependant le cas du Maroc suscite un certain nombre d’interrogations. Bien que la moisson  n’ait pas été aussi mauvaise que ne le laissaient prévoir les mauvaises conditions climatiques ayant prévalu au cours de la campagne, les désordres financiers de l’Etat rendent problématiques d’éventuelles importations de grains pour réussir la soudure. Outre un déficit commercial galopant et des avoirs extérieurs fondants, l’offre internationale est insuffisante. Une première demande marocaine de 20.000 tonnes de blé tendre n’a pu trouver de réponse. Le nouveau rapport de la BM et  les mises en garde  de la FAO laissent  supposer que le futur proche n’aura pas meilleure allure. Selon des experts, en effet, la transformation est assurée par 130 minoteries industrielles qui réalisent  un chiffre d’affaires  d’environ 20 milliards de dirhams. En 2011, année de meilleure facture que l’actuelle, près de 34 millions de quintaux ont été consommés. Une situation qui n’est pas propre au Maroc.
Selon Food price watch, elle a pris forme aux Etats-Unis où une sécheresse atypique  a gravement endommagé les  récoltes d’été de maïs et de soja, produits pour lesquels ce pays est le plus gros exportateur mondial. Les choses se sont compliquées quand   la fédération de Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan ont connu  des conditions climatiques  qui ont  anéanti leurs espoirs d’excédents exportables. Mais si  les  subites flambées des prix alimentaires qui s’en sont suivies  ont totalement inversé les perspectives favorables qui s’étaient dessinées pour cette année dans le secteur, elles ne préludent pas à priori, selon les experts de la Banque, à une répétition des événements de 2008 qui avaient conduit à de graves désordres sur le plan alimentaire au niveau mondial. Cependant, estiment ces mêmes experts, ce scénario n’est pas à exclure «sous l’effet de facteurs négatifs tels que des réactions de panique au niveau des politiques adoptées par les pays exportateurs, un phénomène, El Niño a particulièrement marqué, des récoltes décevantes dans l’hémisphère sud, ou de fortes hausses des prix énergétiques». Comme 3 de ces facteurs déclenchants sont  déjà réunis, le scénario catastrophe des experts pourraient se réaliser à moins d’une politique  concertée à l’échelon mondial.

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