La France indemnisera les victimes algériennes

La France indemnisera les victimes algériennes

Treize ans après avoir mis un point final à ses campagnes d’essais nucléaires, la France a présenté, mardi, son premier plan d’indemnisation des victimes, doté de 10 millions d’euros en 2009 et salué, en dépit de quelques réserves, comme une avancée par les vétérans. Quelque 150.000 personnes, travailleurs civils et militaires, ont participé de 1960 à 1996 aux 210 essais menés par la France dans le Sahara algérien puis en Polynésie française. Le dispositif concernera aussi les populations de ces deux régions. Quelques centaines de personnes ont pu développer depuis un cancer, victimes de radiations, selon le ministre de la Défense Hervé Morin.
Il a reconnu quatre problèmes de confinement lors des tirs effectués dans le Sahara et dix épisodes de retombées radioactives significatives, sur des zones circonscrites lors des essais aériens en Polynésie. «Treize ans après la fin des essais dans le Pacifique et après le traité d’interdiction des essais ratifié par la France, il était temps que notre pays soit en paix avec lui-même», a-t-il relevé, alors que des associations de vétérans bataillent depuis des années pour faire valoir leurs droits. Pour autant, le ministre s’est refusé à instruire le procès des gouvernements précédents, assurant que l’Etat avait conduit ces essais en appliquant les plus strictes consignes de sécurité. Tout juste a-t-il concédé que certains avaient pu hésiter à jouer la carte de la transparence, redoutant que la volonté du pays de se doter d’une force de frappe autonome n’en sorte affaiblie. M. Morin a confirmé que les dossiers d’indemnisations seraient confiés à un comité composé pour l’essentiel de médecins et présidé par un magistrat. Ce comité disposera de six mois pour émettre une proposition d’indemnisation qui devra encore être avalisée par le ministre de la Défense. «Il n’appartiendra plus à la victime de prouver que sa maladie est due aux essais, mais à l’Etat de le contester le cas échéant», a expliqué Hervé Morin. De la même manière, la liste des maladies ouvrant droit à indemnisation sera inspirée de celle établie par une instance onusienne. le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCAER). Cette liste, qui compte 18 maladies (cancers de la thyroïde, des poumons, du sein, leucémies…) est beaucoup plus large que celle retenue par la sécurité sociale française, a fait valoir M. Morin.

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