La gauche face à la transition

Suite à une invitation de la jeunesse ittihadia, Abdelali Benamour, ancien député et membre fondateur de l’Association Alternatives, Belabbès Mouchtari, membre du Bureau politique de la Gauche socialiste unifiée (GSU), Mohamed Habib Talbi, membre du Bureau politique du Parti socialiste démocratique (PSD) et Abderrahman Amrani, député et membre de la Commission administrative de l’USFP (Union socialiste des forces populaires), se sont réunis, mardi à Casablanca, autour d’un débat sur la question de l’unité de la gauche et la transition démocratique. Au cours de ce débat, qui s’est tenu pour la première fois depuis les élections législatives du 27 septembre 2002, le représentant de la GSU s’est contenté de rappeler l’effritement et la faiblesse de la gauche et appelé à l’ouverture d’un débat autour de programmes et au dépassement des problèmes relevant du passé. L’orateur a en outre considéré qu’en raison d’un déséquilibre au niveau des rapports de force, l’alternance n’a pas constitué la condition attendue pour la démocratisation du pays. Les dernières élections n’ont fait qu’affaiblir l’USFP, considérée comme étant le centre de gravité de la gauche. Mais, aucun mot n’a été soufflé en ce qui concerne la GSU, sa composition et son bilan. En revanche, le représentant du PSD, Habib Talbi, s’est longuement arrêté sur la concomitance de la naissance de son parti avec le référendum de 1996, lequel a constitué un pas important dans la consolidation de la démocratie au Maroc. La transition démocratique est un fait réel, la phase actuelle est celle de la coexistence entre les différentes composantes du champ politique et « ce dont nous avons besoin c’est d’une nouvelle révision de nos priorités », a-t-il dit, avant d’ajouter que seule la monarchie est à même de s’adresser à toutes les couches sociales et à tous les partenaires politiques. Et de conclure que c’est à l’USFP d’assumer son rôle de locomotive du pôle de la gauche. Un message capté par le représentant de ce parti Abderrahman Amrani, mais, qui ne l’a pas empêché de faire remarquer que de par son jeune âge, cette gauche ne dispose pas de traditions de dialogue. Pour ce qui est de l’unité de ses composantes, l’orateur a qualifié de cadue tout appel à la constitution de front. Sans trancher, il a fait comprendre à ses interlocuteurs que la dispersion des rangs n’a plus objectivement de raison d’être et qu’il est temps pour l’émergence des grands pôles. Cela dit, le moment fort de cette conférence, n’était autre que celui durant lequel Abdelali Benamour exposait son point de vue. « A un moment donné, dit-il en substance, je me sentais à droite de l’USFP, aujourd’hui je me positionne à sa gauche. Ce parti a fait trop de concessions ». Et d’ajouter, en guise de précision, que les membres de l’élite ne font qu’attendre leur tour pour accéder aux postes de responsabilité. Une attitude indigne qui reflète la dégradation des valeurs. Et de plaider en faveur de l’option socialiste démocratique et la confiance entre le Palais et la gauche, mais sans concessions au détriment de la démocratie. Pour sortir de l’impasse, l’orateur propose à la gauche de clarifier ses positions vis-à-vis de la gouvernance démocratique, du mode électoral et de la gestion démocratique de la vie partisane. Dans le même ordre, il adresse un message à la primature pour assumer sa responsabilité en ce qui concerne les orientations économiques du pays et pour un terme au scepticisme qui plane sur la capacité du pays à relever les défis du développement.

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