La gauche unifiée se positionne

Plusieurs observateurs estiment que le PSU serait l’un des atouts de la nouvelle recomposition du champ politique.
Lors de la création du PSD ( Parti socialiste démocrate), en octobre 1996, l’OADP s’est retrouvée seule face à un régime déterminé à mettre fin au radicalisme de tout genre y compris celui qui logeait en son sein.
Réaction normale, après de longues années de modération et d’expression de sa «bonne volonté», l’Organisation de Mohamed Bensaïd se retrouva à la case départ. Sa déclaration contre la participation positive à l’égard de la nouvelle constitution. Sa démarcation vis-à-vis des autres composantes de la Koutla, lui a coûté cher et valu le départ de bon nombre ses éléments brillants. Abstraction faite de la manière avec laquelle s’est effectué ce départ et de la polémique suscitée à ce sujet , les répercussions immédiates du boycott du référendum ont été graves et douloureuses sur le plan organisationnel de ce parti et la mobilisation de ses troupes dans les différentes sections. A cela s’ajoute les tractations sur le plan de la presse.
En revanche, cette position l’a rapproché des autres composantes de la gauche nouvelle, dite radicale. Lors des élections communales qui se sont déroulées sur la base de la Constitution de 1996, les dirigeants du Mouvement pour la démocratie se sont présenté aux élections au nom de l’OADP. M. Abdellah Zaâzaâ, un des membres fondateurs du MPD, a accédé à un Conseil municipal de la Wilaya de Casablanca en portant la casquette du parti de M. Bensaïd.
Bien entendu, la collaboration avec Annahj Addimocrati aurait été plus bénéfique. Car, ce courant disposait d’un potentiel humain assez important . En outre, il était relativement bien structuré et présent dans la majorité des grandes villes du royaume. Mais, faute d’entente politique, la concertation était condamnée à l’échec. Il a fallu attendre quatre années encore avant que l’alliance ne se renforce et le ciel ne s’éclaircisse.
En mars 2000, à l’occasion de son quatrième congrès national, l’OADP franchit une nouvelle étape dans le sens de la «radicalisation» de ses positions. Son positionnement vis-à-vis du gouvernement de la coalition va passer du soutien critique à la critique tout court. Hormis les opérations de vote favorables aux lois de Finances, les positions dans les commissions du Parlement restaient marquées par une note négative à l’égard de l’exécutif.
En même temps, suite à une rencontre dite de Bouznika, en 2000, le Mouvement pour la démocratie, le courant des Indépendants démocrates et des anciens militants de la gauche radicale, qui ont révisé leurs positions, sont arrivés à un accord avec l’OADP.
Le 11 février 2001, les quatre courants ont publié un communiqué dans lequel ils annoncent la création d’un nouveau parti, le PSU (Parti socialiste unifié) et «invitent tous les militants à adhérer favorablement à cette nouvelle dynamique». Le PADS et Ennahj restèrent, jusqu’à ce jour, en dehors de cette coalition. Très récemment, M. Driss Jettou, ministre de l’Intérieur, a reçu des membres du Bureau exécutif de la Commission préparatoire du congrès constitutif du PSU. Un geste dont la signification est à retenir.

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