La langue espagnole, un atout pour décrocher un emploi dans le Nord

L’espagnol est une langue d’avenir dans la région du Nord. En plus de sa proximité de l’Espagne, cette région, et en particulier Tanger, connaît un important flux d’investissements espagnols. Pour accéder à ce marché très florissant  en emplois, la maîtrise de l’espagnol est parmi les critères exigés en général. C’est pourquoi on assiste de plus en plus à une ruée des jeunes diplômés vers les écoles et instituts privés enseignant cette langue. «Nous connaissons chaque année une forte demande d’inscriptions. Pour cette année et jusqu’au mois de mars, nous sommes à 1985 inscrits contre 2609 pour toute l’année scolaire 2006- 2007. Les personnes inscrites et dont l’âge varie entre 17 et 25 ans ont atteint 1009. Alors que pour les inscrits âgés entre 26 et 45 ans, leur chiffre s’élève à 749 et il n’est que de 80 pour la catégorie d’âge entre 46 et 65 ans», indique le directeur d’études à l’Institut Cervantès à Tanger, Hassan Amar. Ce dernier fait remarquer que «ce nombre progressera pour le reste  de l’année; car l’Institut connaît une grande demande d’inscriptions pour les cours accélérés pendant la période estivale».
Conscients de l’importance de l’espagnol dans l’avenir professionnel de leurs enfants, les parents choisissent d’inscrire leurs enfants dans les deux établissements d’enseignement espagnols de Tanger, à savoir l’école Ramon y Cajal et le lycée Severo Ochoa. Ils ont pris, pour l’année scolaire 2007- 2008,  respectivement 468 et 263 élèves marocains. Tandis que 21 % de l’ensemble des inscrits à l’Institut Cervantès de Tanger sont des élèves du primaire qui ont choisi d’y poursuivre leurs cours d’espagnol en parallèle avec leurs études scolaires. 
Avec la grande demande que connaissent les cours d’espagnol, plusieurs écoles privées programment des cours du soir pour l’enseignement de cette langue. «La plupart de ces établissements violent la loi. Pour cela, nous menons une campagne pour la lutte contre ce phénomène. Des professeurs d’espagnol se sont mobilisés pour cette action et enseignent en dehors des heures de classe aux élèves qui choisissent d’apprendre cette langue. Les deux collèges Ibn Khaldoun et Abdelkrim El Khattabi à Tanger ont réussi à programmer, l’année précédente, des cours d’espagnol au profit des élèves de la troisième année. Nous envisageons de généraliser cette expérience prochainement pour tous les niveaux au sein de ces deux établissements scolaires», explique le chef de service pédagogique de la délégation du ministère de l’éducation nationale Tanger Asilah,  Abdelkader Ezzouhri.
 Pour enrichir leur CV, les jeunes trouvent nécessaire d’apprendre l’espagnol. Surtout que les sociétés espagnoles nouvellement établies à Tanger offrent d’importantes opportunités de travail. Pour la directrice de la Chambre de commerce espagnole à Tanger, Rocío Estévez, les investisseurs espagnols s’intéressent de plus en plus au Maroc. «La majorité de ces investissements se trouvent dans le Nord. Cette région compte actuellement 150 entreprises espagnoles dont plus de 70 sont basées à Tanger. Ce qui a contribué à la génération d’un nombre important d’emplois», affirme-t-elle. Elle souligne que «la langue espagnole est très utile pour les sociétés espagnoles bien qu’elle ne soit pas obligatoire. La Chambre a reçu, en 2007, quelque 130 demandes d’emploi dont la quasi- totalité ont mentionné dans leur CV  des connaissances en langue espagnole».
Bien que la langue espagnole est très utile dans les entreprises espagnoles, d’aucuns de leurs employés ne maîtrisent pas l’espagnol. «La langue espagnole est indispensable pour nos hauts responsables surtout pendant leurs déplacements effectués au siège de notre société mère en Espagne. Pour le reste du personnel, ils ne sont pas obligés de parler l’espagnol», affirme le directeur adjoint d’une société espagnole de transport urbain à Tanger, Luiz Delatoré.
La langue espagnole a permis à un nombre important de jeunes d’améliorer leur situation professionnelle. Beaucoup d’entre eux ont réussi à concilier entre leur travail et leur formation dans cette langue. «Après l’obtention de mon diplôme (Bac + 2) de l’institut spécialisé de technologie appliquée ISTA, j’ai cherché à travailler. J’ai réussi à décrocher un emploi au sein d’une société avec un salaire décevant. J’ai réalisé peu de temps après que l’apprentissage des langues étrangères est parmi les éléments essentiels de la réussite professionnelle. Je me suis inscrite aux cours d’espagnol, j’ai vite aimé cette langue. Elle m’a permis de découvrir de nouvelles opportunités de travail et aussi la culture espagnole», assure Amal, assistante dans une société espagnole.
 La majorité des jeunes qui occupent des postes de responsabilité dans des entreprises espagnoles maîtrisent parfaitement l’espagnol. Ils affirment avoir appris cette langue depuis leur enfance. Comme c’est le cas de la directrice commerciale de la société espagnole Tanger City Center, Mariam Ouelad Youssef. Licenciée en sciences économiques et ayant un diplôme de cycle d’études supérieures spécialisées (DCESS), elle a cherché à perfectionner son espagnol en suivant des cours d’espagnol. Ce qui lui a permis de réussir dans sa vie professionnelle dans l’une des plus importantes sociétés immobilières espagnoles. «Je suis pour l’apprentissage et la maîtrise de langues étrangères. Et comme je suis originaire du Nord et plus particulièrement de Tétouan, j’ai commencé à parler espagnol quand j’étais encore petite.  Je l’ai apprise grâce à mes parents et mon entourage. Mais plus tard et avant d’accéder au milieu du travail, j’ai choisi de perfectionner mon espagnol. J’ai réussi grâce à cette langue à décrocher deux postes de responsabilité dans deux sociétés espagnoles avant de travailler comme directrice commerciale à Tanger City Center», précise Ouellad Youssef.
Reste à souligner que pour les administrations et sociétés marocaines, la langue espagnole est de plus en plus utile et elle y est souvent parmi les critères exigés pour les nouveaux postulants. Certains accordent des cours de formation de cette langue pour leur personnel. «Nous avons conclu plusieurs  accords avec des administrations pour des cours de formation au profit de leur personnel dont la direction régionale des impôts et la délégation de l’habitat à Tanger. Des élus et fonctionnaires du conseil de la ville de Ksar El Kébir bénéficient d’une même formation financée par le gouvernement régional d’Andalousie», ajoute M. Amar.

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