La loi des gargotiers à Casa

A Bab Marrakech à Casablanca, à côté des places des grands taxis de Mohammedia et d’El-Jadida, dans certains rues de la ville, ainsi que dans d’autres endroits dans les quartiers populaires, les vendeurs ambulants et sédentaires de saucisses, communément appelées «socettes», s’alignent avec leurs étals sur les trottoirs. Le dimanche, à l’occasion des manifestations sportives, certains vendeurs de ces produits font le déplacement et s’installent à proximité des terrains. Tout ce qu’ils ont comme respect d’hygiène est une blouse blanche maculée et complètement marquée de taches noires. Les soirs, entre 17 et 20 heures, les échoppes dégagent une odorante et alléchante fumée qui induit en erreur les passants, notamment les non-casablancais.
Et dans tous les cas, ce sont les enfants qui encourent tous les risques. Ces saucisses mélangées avec des morceaux d’oignons et de tomates sont rapidement cuites sur des plaques en métal. Ainsi, les clients, ayant l’estomac dans les talons, sont vite servis. «Au suivant, trois ou quatre saucisses», lancent-ils, après chaque commande. Ils créent une ambiance dans les lieux pour faire écouler les produits préparés. Une fois terminé, le vendeur ramasse tous ces accessoires dans un boîtier et dépose l’ensemble dans l’échoppe, située généralement à côté des ordures jetées par lui-même et ses clients. Chose qui attire souvent les mouches et autres insectes vers ces lieux. La question de désinfecter la plaque avant de commencer son travail ne lui passe pas par-dessus la tête.
En raison des prix pratiqués, entre trois et dix dirhams pour le sandwich, force est de constater que la qualité de la marchandise écoulée ne peut être que suspecte. L’origine des produits utilisés dans la fabrication de ces saucisses, notamment la viande demeure indéterminée.
L’on s’interroge dans ce sens sur le rôle des responsables des services municipaux de l’hygiène dans la ville. Il faut dire qu’en l’absence du contrôle, certains commerçants sans scrupule, qui aiment le gain facile, mettent la vie des consommateurs de leurs produits en danger. Les cas de toxi-infection alimentaires se multiplient à cause de l’abondance de ces produits sur la voie publique. Pouvoir d’achat oblige pour certains, ignorance pour certains d’autres, et les vendeurs exploitent ces critères à leur profit. A Rabat, vers la fin du mois de décembre dernier, sept enfants âgés de 6 à 12 ans ont été victimes d’une intoxication alimentaire après avoir consommé de la «Mâakouda», friture à base de pomme de terre et d’oeufs dans une gargote de l’ancienne médina. L’infection a été due à la présence d’un microbe (salmonellose) dans les oeufs de poules atteintes de fièvre typhoïde. A Casablanca, on se rappelle la fameuse histoire du vendeur de ces saucisses qui procédait à l’abattage des chiens, pour fabriquer son produit.
Doit-on alors attendre des cas d’intoxication grave pour organiser ce qui peut être organisé et mettre un terme à ce qui représente un danger pour les consommateurs.

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