La majorité se fait jour

Les onze absents se comptent pratiquement parmi quelques partis. Le PJD en comptait quatre et les autres éparpillés entre les diverses formations. Quatre de l’USFP : les ministres Oualalou, Chbaâtou et Hajji, en voyage officiel avec S.M. le Roi, et Elyazghi, en déplacement ministériel. D’autres raisons sont avancées pour le reste des absents. Le week-end dernier, la majorité de la classe politique ne prévoyait pas la tenue de cette réunion en début de semaine.
Une bonne présence, avec 314 élus, qui traduit un intéressement particulier pour les porte-feuilles ministériels.
Si la discipline de vote a été globalement respectée, on peut dire que seules 8 voix ont manqué à l’appel. Mais il est probable que ce chiffre soit plus important. Des analystes avancent qu’au maximum deux dizaines de voix, en provenance des sept partis «participationnistes», ne seraient pas allées à Abdelouahad Radi. Elles proviendraient d’élus du PI et de la mouvance populaire, qui n’apprécieraient pas positivement les revirements de leurs états-majors. A cela, il faudrait ajouter les éventuels votes contre-nature et pragmatiques pour certains élus des nouvelles formations. Les transhumances et le manque de chiffres précis, tant au niveau des groupes qu’au niveau des présences au Parlement, ne permettent pas une analyse détaillée sur les votes des uns et des autres. Il serait aussi difficile de savoir à quel degré les engagements de vote ont été respectés au niveau de chaque parti. Une seule certitude, cependant. C’est le PJD qui a fait le plein de ses voix avec un plus de 14 voix à côté de ses 38 députés présents à la séance. Les quatorze proviendraient du PI et de la mouvance populaire qui n’auraient pas suivi les hiérarchies politiques. Quant aux 38 bulletins blancs, il semblerait que le grand lot proviendrait de L’UC (16), du PND (12) du MDS (7) et de trois autres députés à chercher dans l’arc-en-ciel parlementaire.
La grande question concerne les dix voix de l’Union démocratique de Bouazza Ikken. Deux cas de figure : elles se sont portées soit sur Radi soit elles figurent parmi les 38 bulletins blancs. Le premier cas aggrave le taux du non respect des consignes de vote.
Le second perturbe le calcul et l’identification des non-votants. Mais une explication serait aussi l’hypothèse que l’UC et le MNP n’auraient pas voté en bloc.
En tout cas, l’élection de M. Radi au perchoir, dès le premier tour, a permis d’épargner aux honorables élus de la nation bien des peines. Les 314 députés, conscients des enjeux et de la nécessité d’en découdre avec les blocages, ont fait preuve de pragmatisme et se sont auto-épargnés les lourdeurs et les aléas d’un prolongement du scrutin. Aussi, ce dénouement prématuré traduit et recèle une clarification politique et une recomposition des alliances. Il augure aussi de la majorité gouvernementale. Les contours sont déjà visibles.
C’est la majorité sortante qui succèderait à elle-même. A quelque nuance près. Le nouveau venu à l’Exécutif serait le MP mais par le biais du groupe parlementaire formé avec le MNP. Les deux partis pourraient partager la part qui reviendrait à la formation de Mahjoubi Aherdane.

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