La Médina de Casa reprend vie

Depuis que les autorités ont procédé à son «nettoyage», l’ancienne Médina de Casablanca arbore un autre visage. Le changement est perceptible à vue d’œil. Autant à Jamaâ Souk qu’à la rue Tahar Alaoui, les lieux ne sont plus comme avant. Les tables, les installations de fortune et les fausses boutiques décrottées, la place de l’entrée à la Médina semble rénovée. Les vendeurs de sandwichs, les gargotes hautement insalubres, et surtout les vendeurs de poissons baignaient la place de toutes les formes de saletés et d’odeurs nauséabondes. Un rapide passage dans le coin suffisait à imprégner le visiteur de dégoût. De l’autre côté, les vendeurs de vêtements installés à même la terre ou exposant leur marchandise sur des tables arrangées pour la circonstance vivaient pratiquement dans un vacarme repoussant. A cela s’ajoutaient ces cafés minuscules qui favorisaient plus la propagation de la délinquance qu’ils n’offraient de services. Dans les multiples recoins des parages, les dealers et les repris de justice trouvaient un refuge idéal. Les ventes de toutes sortes de stupéfiants se déroulaient sans encombre, car l’état des lieux ne facilitait pas la tâche à la police pour combattre la délinquance. Un environnement propice à toutes les dérives sociales, de jour comme de nuit. Car dès le soir, ces lieux sont occupés par d’autres activités, de la prostitution à l’agression et souvent des bagarres mortelles. Les habitants se sont habitués à ces souffrances nocturnes. Ils connaissent cependant les fauteurs de troubles, ces derniers étant issus du même quartier. Mais, par crainte de revanche, ils ne protestent généralement pas contre les dérangements provoqués, à une heure tardive la nuit, lorsque des altercations se déclenchent entre les voyous. La situation n’est plus la même depuis la disparition des facteurs de l’anarchie. A présent, il est devenu agréable de circuler dans la Médina et de prendre du plaisir à faire des courses, ou tout simplement à se promener. Avec l’espace vert de l’autre côté, à la Place La Concorde, c’est tout le secteur qui est en voie d’urbanisation. Les citoyens et surtout les habitants e l’ancienne Médina continuent jusqu’à nos jours de louer l’effort consenti par Benhima pour imposer cet espace vert à la place de cette station de bus bruiteurs et polluants. Certes, ce qui vient d’être réalisé par les autorités locales n’est qu’un début, mais il reste quand même un bon présage si ce nettoyage se poursuit. Le revers de la médaille, c’est que les ex-marchands se sentent victimes de ces opérations, car ils se sont habitués à gagner leur vie de la sorte pendant longtemps. Le changement d’approche de la part de Benhima, qui a rompu avec les anciennes méthodes, ne plaît guère à ces gens. Autrefois, il leur suffisait de s’arranger avec des responsables administratifs à la conscience flexible pour se sentir dans leur droit le plus entier. Or leur invasion des lieux est illégale. Il faut dire que la tâche des autorités publiques dans ce sens n’est pas une sinécure. Mais d’un autre côté, il faut bien que cette ville, capitale économique du pays, dispose d’un aspect digne de sa dimension.

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