La migration en question

La migration en question

"Quels mécanismes pour une gestion internationale de la migration", tel est le thème d’une journée d’études organisée mardi à Rabat par le ministère délégué chargé de la Communauté marocaine résidant à l’étranger, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du migrant, le 18 décembre de chaque année. Organisée en collaboration avec le Centre d’information des Nations unies au Maroc et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cette journée a pour objectif d’enrichir le débat sur les moyens de traitement des questions ayant trait à la migration, notamment après que le Royaume a abrité récemment une conférence internationale sous le thème "migration et faits religieux à l’ère de la mondialisation" avec la participation des représentants de 92 pays.
Intervenant à cette occasion, la ministre déléguée chargée de la Communauté marocaine résidant à l’étranger, Mme Nouzha Chekrouni, a indiqué que la question de la migration est devenue de plus en plus au centre des préoccupations. Dans ce sens, elle a appelé à la création d’un équilibre entre les préoccupations sécuritaires et les droits du migrant, notamment son droit à l’exercice de sa citoyenneté, rappelant la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille adoptée jusqu’à présent par 34 Etats.
Elle a estimé que cette journée d’étude constitue une occasion pour mettre la lumière sur la question des droits de l’Homme dans le traitement de la question de la migration dans un esprit de consensus et d’homogénéité entre les gouvernements et les organisations internationales, soulignant la nécessité d’adopter une vision basée sur le principe d’établissement d’un équilibre entre la gestion du flux des migrants et l’aspect humanitaire.
De son côté, le directeur de la politique de la migration, de la communication et de la recherche à l’OIM a fait une intervention sur les changements qu’a connus aujourd’hui le phénomène de la migration, notamment la croissance du mouvement de migration, sous toutes ses formes, et son rapport avec les facteurs développement et mondialisation, passant en revue les points positifs et négatifs de la migration aussi bien pour les pays émetteurs que ceux d’accueil.
Il a fait savoir que le débat sur la problématique de la migration est marqué par une divergence au niveau de l’approche, soulignant que les pays du Sud, émetteurs des migrants, prônent dans leurs discours l’intégration et les droits humains alors que ceux du Nord se focalisent sur le contrôle de leurs frontières, la préservation de leur sécurité et la lutte contre l’immigration clandestine.
Il a affirmé que la recherche de mécanismes pour une gestion internationale de la migration passe par l’établissement de partenariats entre les gouvernements, les organisations internationales, les agences de travail et les travailleurs, insistant sur la nécessité de la mise en place d’un plan d’action commun.
Pour sa part, Mme Aïcha Belarbi, membre de la Commission mondiale pour la migration internationale relevant de l’ONU, a donné un aperçu sur les principes et recommandations contenues dans le rapport publié récemment par la commission, notamment la relation entre la migration et le développement, la révision de la manière de traiter le phénomène de l’immigration clandestine, le renforcement du principe de solidarité et d’intégration sociale du migrant, la protection des droits des migrants à travers le respect des textes des traités et conventions internationales et la valorisation de la gestion locale, nationale et internationale de la migration.

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