La néphrologie pédiatrique au Maroc et en Afrique: Un premier guide voit enfin le jour

La néphrologie pédiatrique au Maroc et en Afrique: Un premier guide voit enfin le jour

Les maladies rénales touchent environ 3 millions de Marocains dont beaucoup arrivent au stade terminal et nécessitent d’être pris en charge en dialyse. Parmi ces 3 millions figurent, bien entendu, des enfants.

Si la néphrologie en générale souffre d’un manque de prevention et de sensibilisation, celle pédiatrique demeure encore au stade embryonnaire. Elle est même absente pour d’autres pays d’Afrique. C’est dans ce sens que le professeur Amal Bourquia a coécrit un premier document médical et scientifique autour de la question.

Qu’apporte-t-il de nouveau ?
Ce document représente un «tout», puisqu’aujourd’hui, aucun autre guide traitant de la néphrologie pédiatrique (NP) au Maroc et en Afrique n’a été élaboré. Issu d’une coopération africaine, cet ouvrage cordonné par Pr. Bourquia est soutenu par l’Association internationale de néphrologie pédiatrique (IPNA). Il paraît que l’idée d’un tel ouvrage sur la NP l’habitait depuis cinq ans déjà. A partir de sa propre expérience dans ce domaine, Pr Bourquia a attiré l’attention lors du conseil de l’INPA sur la faible présence et la maigre participation de l’Afrique, mais surtout de la quasi-absence de sa moitié francophone dont elle était la première représentante dans les recherches autour de la NP. Selon elle, «le plus grand défi dans le continent africain serait de fournir aux enfants atteints de maladie rénale l’accès à une prise en charge spécialisée par des néphrologues pédiatriques ayant une bonne formation, ainsi que la possibilité d’avoir un accès abordable aux techniques modernes, aux médicaments efficaces et à des stratégies de prévention».

Dans ce sens, il y a lieu de noter que la prise en charge des maladies rénales pèse lourd sur nos caisses. Elle est surtout coûteuse quand il s’agit d’un malade en stade avancé, ce qui est souvent le cas puisque 30% seulement des personnes atteintes de cette pathologie au Maroc en sont informées. Quand un malade est à un stade avancé, deux options se présentent, à savoir la dialyse ou la greffe. Les deux sont coûteuses. D’après le Pr Bourquia, «le traitement des maladies rénales représente une des dépenses les plus importantes pour les organismes de prévoyance sociale et pour le ministère de la santé et on prévoit une augmentation rapide de ces dépenses».

Pour revenir à la néphrologie pédiatrique, le frappant constat de son absence en Afrique a mobilisé les néphrologues pédiatres du continent afin d’élaborer un guide africain de cette discipline. Ils ont dans ce sens soutenu Pr Bourquia dans sa recherche à travers le continent, fait qui a abouti à l’édition d’un ouvrage commun, «en vue de vulgariser un peu plus la discipline et mettre en lumière les données spécifiques de notre continent dans ce domaine», apprend-on auprès de la même source. Une mission dont la seule collecte des coordonnées des néphrologues de chaque pays a pris trois ans. 

Au total, «ce sont des experts et spécialistes de pays africains qui auront contribué à donner naissance à cet ouvrage de 30 chapitres ciblant les pédiatres africains avec un contenu à la fois pratique et adapté à des particularités locales et à des ressources limitées», estime Pr Bourquia.

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