La nouvelle carte de la pauvreté

La nouvelle carte de la pauvreté

Malgré une bonne croissance économique, le Maroc semble avoir du mal à réduire le taux de pauvreté. 14,2% de la population en souffrent et de plus en plus. Pour s’en rendre compte, il suffit de méditer sur ces chiffres de l’an 2005 : 42,7% d’analphabétisme, près de 10% de chômage, 11% d’exclusion de l’habitat décent et 2% de précarité (enfants abandonnés, SDF, personnes âgées sans ressources…). Le diagnostic de l’état des lieux relève des insuffisances persistantes en matière sociale. «On ne peut pas gagner la bataille avec l’ignorance», a souligné Anis Birou, l’un des participants à la rencontre. Bien que l’analphabétisme ait connu une baisse (39%), il est toujours difficile de faire face à l’absence d’instruction et de formation professionnelle qui condamne de larges franches de la population, particulièrement dans le monde rural, à vivre dans la misère. C’est d’ailleurs dans ce milieu où la pauvreté sévit le plus avec un taux de 22%. Dans le milieu urbain, ce chiffre est beaucoup moins important puisqu’il reste limité à 7,9%. «Il faut délimiter les zones les plus pauvres pour y focaliser les efforts de développement», a estimé le représentant de la Banque mondiale, Farid Belhaj. Ce dernier a rappelé que le Maroc est l’un des premiers pays à avoir opté pour une carte de la pauvreté, devenue aujourd’hui un élément fondamental de l’Initiative nationale pour le développement humain.
Cette carte de la pauvreté, élaborée en 2004 par le Haut Commissariat au Plan avec le soutien de la BM, a été de nouveau présentée au cours de la rencontre. D’après le classement des régions selon le taux de pauvreté, c’est la région Gharb-Chrarda Béni Hssen qui occupe la première position suivie de Meknès-Tafilalet, de Marrakech Tensift-Al Haouz et Souss-Massa-Drâa. Les régions qui souffrent le moins de la pauvreté sont, entre autres, Oued Eddahab Lagouira, le Grand Casablanca et Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et Rabat-Salé-Zemmour-Zaërs.
Cette carte de la pauvreté a permis, ensuite, au Haut Commissariat au Plan d’affiner le diagnostic de l’état des lieux pour évaluer les écarts selon chaque facteur social à travers chaque région : carte des strates d’habitat.
A titre d’exemple, dans la région de Rabat, c’est la commune de Moulay Driss Agbal de la province de Khémisset qui se trouve en haut du classement des localités les moins loties. Le taux de pauvreté y atteint 27,3% et celui de la vulnérabilité 24,5%. L’indice de sévérité de la pauvreté se chiffre à un taux de 3,4%, alors que celui de l’inégalité est beaucoup plus important : 35,3%. Plusieurs communes de la même province ne sont pas non plus à envier tout comme celle de Shoul à Salé où la pauvreté touche 22,8% de la population. L’indice de développement social dans cette commune est à peine de 0,2%.  C’est tout le contraire qu’enregistrent certaines communes de Rabat. Celle de Touarga est la plus chanceuse, puisque le taux de pauvreté ne dépasse guère 0,2%. Cependant, l’indice des inégalités n’affiche pas le même optimisme, car il est de 26,1%. C’est en agissant sur les facteurs sociaux mais aussi en réduisant les écarts entre les populations que l’on peut lutter contre la pauvreté. «C’est le développement humain qui permettra au Maroc de décoller», insiste le ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, Abderrahim Harouchi. L’INDH intervient dans cette optique pour que d’ici 2010, il y ait moins de pauvreté au Maroc.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *