La nuit de tous les excès

Un engouement inexplicable de la part de beaucoup de nos concitoyens qui tiennent coûte que coûte à «réveillonner», bien que cela n’ait rien à voir avec les traditions locales. La capitale économique constitue l’échantillon le plus révélateur en ce qui concerne le rythme fou dans lequel se déroule cette fête. Le plus grand excès est celui de la consommation des boissons alcoolisées.
Tous les bars et les bistrots de la ville sont archicombles jusqu’à une heure tardive, les espaces réservés aux liqueurs dans les super-marchés et les réserves des vendeurs de ce genre de boissons sont épuisés. Résultat : les artères de la ville sont dans tous les états. C’est la police qui vit un calvaire durant cette nuit mouvementée. Entre les accidents de la circulation et les accrochages et les bagarres, sans parler d’une expansion soudaine de la débauche, les policiers se démènent tant bien que mal pour sauvegarder l’ordre public et la sécurité. C’est une soirée de fête certes, mais les drames aussi en font partie. Un homme est fauché par le train à Ain Sebaâ, un accident à la corniche qui fait un mort et des blessés, le bord du passage sous-terrain du boulevard Al Ouquawama est littéralement rasé par une voiture dont on n’a retrouvé que des traces d’huile et de verre cassé. Un peu partout en centre ville, de nombreux faux ivrognes, à qui l’alcool joue des mauvais tours, se retrouvent le matin, étendus sur la chaussée ne sachant même pas comment ils ont atterris là où ils sont. Les filles de joie sont partout. Habillées pour l’occasion, elles se trimballent d’un endroit à l’autre à la recherche d’un pigeon à déplumer cette soirée. La circulation est très dense, les taxis sont introuvables et par conséquent, les gens se retrouvent sans moyens de transport pour regagner leurs foyers. Les bousculades au boulevard Mohamed V et au boulevard Lalla Yaquout donnent une nette impression sur ce problème. Dans les quartiers populaires, les «festivités» se passent autrement. Faute de lieu, les jeunes et même les moins jeunes s’arrangent pour célébrer «la tête de l’année» en groupe chez l’un d’entre eux. L’alcool est, bien entendu, à la base de toutes les notions de plaisir cette nuit. On chante, on danse et on sort respirer de l’air à une heure tardive.
Un air glacial qui fouette les visages des policiers en service permanent, guettant la moindre infraction.
L’échange de cadeaux et des cartes de voeux bat son plein à l’occasion de la nouvelle année, et la prospérité des pâtisseries n’a rien à envier à celle observée lors de l’Aid Al Fitr. Les gâteaux, les confiseries et toute sorte de friandise sont consommés au maximum. On note également cet afflux massif vers les laboratoires de photos où les tirages se font par milliers pour mémoriser l’occasion.
En somme, c’est une nuit de tous les excès. Et avec le temps, il s’est avéré que l’année a une tête dure. Une tête pleine de joie que de tentations et de dérapages. Pour optimiser l’arrivée de la prochaine tête, on dit Bonne année.

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