La peine capitale requise contre Fikri

La peine capitale requise contre Fikri

La peine maximale contre l’«émir de sang», Youssef Fikri, et ses trente acolytes. C’est le châtiment réclamé, mercredi soir, par le représentant du ministère public de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Une requête qui se traduit par la réclamation de neuf peines de mort contre Youssef Fikri, Mohamed Damir, Miloud Mandour, Saleh Zarli, Abderrazak Faouzi, Kamal Hanouichi, Bouchaïb Guermaj, Lakbir Kettoubi et Larbi Dakik et huit réclusions perpétuelles contre Abderrahmane, Majdoubi, Rachid Amrine, Mustapha Lakrimi, Bouchaïb Maghdar, L’Husseïne Barghachi, Yazid Ajraf, Mourad Saroufe et Mohamed Jock. Alors que les 14 autres prévenus encourent des peines d’emprisonnements allant de 2 à 20 ans. Vêtu d’une djellaba blanche et un bonnet de la même couleur sur sa tête, palpant sa petite barbe non taillée, Youssef Fikri a gardé son calme durant les deux heures du réquisitoire du ministère public. Il n’a pas manifesté la moindre émotion en écoutant ce dernier le qualifier de criminel ayant porté atteinte à l’Islam en tuant des innocents. Avant la présentation de ses requêtes, Me Saoud Grine, substitut du procureur général, a détaillé dans son réquisitoire les éléments et les pièces à conviction qui incriminent Youssef Fikri et ses disciples. Au niveau de l’application de la procédure pénale, il a précisé que les procès-verbaux ne présentent aucune irrégularité, ni dans la forme ni dans le fond. A ce propos, il a expliqué que cette procédure a été respectée en répondant aux dispositions réglementant l’état du flagrant-délit, la durée de la garde à vue, la procédure de la perquisition et de la notification des familles des mis en cause. Et qu’il n’existe aucun élément qui justifie que les prévenus ont été interrogés sous la torture et la violence. Le substitut du procureur général a ajouté que les objets saisis lors de la perquisition des domiciles des prévenus, à savoir des épées, des couteaux, des carabines, des CD contenant des cours relatifs à la fabrication d’explosifs, de passeports, prouvent leur intention criminelle. Il a précisé, en outre, que leurs aveux intégraux ou partiels lors des instructions préliminaires et détaillées, confirment leurs actes criminels. Me Saoudi Grine a affirmé également que les membres de ce réseau intégriste de la Salafiya Jihadiya se partageaient les tâches et les missions. Outre ceux qui exécutaient les idées de lutte contre la dépravation par la violence et qui s’apprêtaient à commettre des actes terroristes contre les intérêts juifs et américains au Maroc, il y’a ceux qui se chargeaient du soutien matériel et moral, de la logistique et de la formation et de l’encadrement des «takfiristes» dans l’utilisation des armes à feu et les techniques de fabrications des explosifs. Puis, le coup d’envoi a été donné aux plaidoiries qui devaient se poursuivre jeudi matin et dans l’après-midi. Il faut signaler, par ailleurs, que trois nouveaux «takfiristes», disciples de Miloudi Zakaria, émir d’Assirate Al Moustakim (Droit chemin) ont été traduits, mercredi soir,devant le juge d’instruction près la Cour d’appel de Casablanca. Il s’agit de Brahim Firdaous, le bras droit de Miloudi Zakaria, chargé de recruter des jeunes pour Assirate Al Moustakim. Il a participé, le 27 février 2002, à la lapidation à mort de Fouad Kardoudi, à Hay Mohammadi, à Casablanca. Il s’agit également de Mohamed Maâzouz et Ahmed Marzouk, membres du même mouvement. Ces deux derniers ont été arrêtés à Berrechid pour avoir dissimulé chez eux Brahim Firdaous. A Fès, 28 intégristes de la Salafia Jihadia ont été traduits devant la chambre criminelle près la Cour d’appel de cette ville. Âgés entre 22 et 52 ans, ces derniers prônaient la violence pour lutter contre ce qu’ils qualifient de dépravation, en opérant notamment dans les quartiers de Ben Slimane. Ces personnes sont poursuivies pour constitution de bande de malfaiteurs, enlèvement, séquestration, vol qualifié, usurpation de fonction, coups et blessures entraînant une infirmité permanente, distribution de tracts incitant à la violence et collecte de fonds sans autorisation. A 120 kilomètres au Nord-Est de la capitale spirituelle, 19 membres d’«Al Hijra Wa Takfir» (émigration et excommunication) ont été traduits, mercredi, devant le juge d’instruction de la Cour d’appel de Taza. Originaires de plusieurs villes marocaines, ces «takfiristes», dirigés par un certain Ouahbi, également en détention préventive, sont poursuivis pour, entre autres, constitution de bande de malfaiteurs, vol qualifié, ébranlement de la foi d’un Musulman, atteinte aux institutions, appartenance à une association non autorisée. Dans la même ville, un septième membre de la Salfia Jihadia a été déféré devant la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance. Arrêté à Tahla, l’homme fait partie de la cellule des six «takfiristes» condamnés dernièrement par la même chambre à des peines allant de 10 à 18 mois de prison ferme et à des amendes.

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