La perpétuité pour le double meurtrier

Finalement le procès de l’homme qui avait tué sa mère et son petit neveu a tiré à sa fin. Les magistrats de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Safi ont rendu leur verdict en condamnant l’auteur à la prison à vie. D’après les poursuites judiciaires établies par le juge d’instruction, ce double crime avait été prémédité et exécuté sans le moindre regret. A l’aide d’un couteau tranchant, Mohamed, âgé de 45 ans et n’exerçant apparemment aucune profession, s’était transformé en bête immonde en s’acharnant sur les siens avec une férocité inimaginable. Que s’était-il passé dans sa tête pour qu’il commette une horreur pareille? Le résumé du pourquoi est une histoire de vol pour éviter que sa copine ne le quitte. Mohamed vivait avec Aziza depuis plusieurs années, une relation illégale qui n’a jamais été régularisée par un acte de mariage. Mohamed était près à tout pour ne pas perdre Aziza. La décision de séparation a été prise par la femme parce que Mohamed n’arrivait plus à subvenir à ses besoins. Après avoir dépensé le dernier centime de ce qui lui restait d’un héritage, sa vie bascule tout d’un coup. Aziza qui refuse de vivre dans la déche commence à lui tourner le dos avant de prendre son courage par les cornes et lui fait savoir à l’issue d’une soirée très tendue où même l’alcool ne soûlait plus, qu’elle allait le quitter. Mohamed assis dans un coin buvant son chagrin a senti l’univers s’écrouler autour de lui. Combien les femmes peuvent être aussi capricieuses qu’ingrates, songerait-il le coeur serré d’amertume et de tristesse. Après moult réflexions, l’idée de cambrioler sa mère lui vient en tête. Avant de songer à commettre ce crime, Mohamed avait pensé à d’autres forfaits susceptibles d’arranger ses affaires. Il avait pensé à des braquages dans des établissements publics et privés, à des agressions à l’arme blanche et même à des vols qualifiés dans des maisons de luxe à Al Hoceïma où Mohamed est né en 1958. Il a grandi dans une famille aisée. Son père était parmi les plus riches de la ville, il possédait plusieurs lots de terrain et d’autres biens immobiliers. Après son décès survenu suite à un accident de la circulation, les membres de sa famille avaient décidé de vendre les terrains et les biens immobiliers et ils ont partagé le tout. Après avoir fait le tour des magouilles susceptibles de le tirer de sa crise financière afin d’éviter la séparation, le cambriolage de sa mère prend le dessus et voici Mohamed en cette nuit du 10 juillet exécutant son plan machiavélique. En arrivant à destination à une heure tardive, il se rend compte que sa mère et son petit neveu étaient déjà au lit dans un sommeil très profond. Sans perdre de temps, il se dirige directement vers la cuisine pour s’emparer d’un grand couteau. De sang froid, il a égorgé les deux victimes avant de faire main basse sur plusieurs objets de valeur et sur onze sacs de blé qui se trouvaient dans le garage. Quelques jours après, il est neutralisé à Taourirt, dans la province d’Oujda par les éléments de la gendarmerie locale et mis à la disposition de la Police Judiciaire de Safi qui l’a présenté devant la Cour d’appel accusé d’assassinat d’un enfant et de parricide. Durant la dernière audience qui s’est tenue au cours de la semaine écoulée, la défense de l’accusé a estimé que le crime n’avait pas été prémédité et que son client devait être condamné selon les articles du Code pénal relatifs aux homicides volontaires. Après délibération, les magistrats de la Chambre criminelle ont rendu leur verdict en condamnant Mohamed K à la prison à vie.

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