La perpétuité pour les tueurs d’Adrien Stephan

Ce sont les peines qu’avait requises l’avocat général Charles Grimaldi, à l’issue de sept jours de débats à Nancy. Le 2 février dernier, lors du premier procès, la Cour d’assises de la Moselle à Metz avait déjà prononcé des peines très lourdes à l’encontre des deux accusés : Alex Din avait été condamné à la même peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 30 ans, pour tentative de viol et meurtre. Nicolas Hennetier, qui avait été exonéré de la tentative de viol, s’était vu infliger 30 ans de réclusion criminelle assortie d’une peine incompressible de 22 ans. «Je crie haut et fort mon innocence. Steven Smith, le copain d’Adrien ne m’a pas vu. Alex Din a fait cela tout seul. Quant à la tache sur ma chaussure, je ne peux l’expliquer. J’ai demandé à être mis sous hypnose, cela m’a été refusé»: ainsi, Nicolas Hennetier a voulu persuader une dernière fois les jurés de la Cour d’appel de Nancy, juste avant qu’ils ne se retirent vers 13h, pour six heures de délibérations. Alex Din n’a pas voulu prononcer les mots d’usage. C’était la première fois qu’il ne répondait pas. Sa condamnation était évidente, même pour lui. Son avocat, Me Henri Ferretti, a laissé penser que l’accusé pouvait être innocent, tout en n’excluant pas du tout qu’il pouvait être coupable. L’avocat avait auparavant exhorté son client à dire la vérité quelle qu’elle soit. «Je ne défends pas un crime, je défends un homme», avait déclaré Me Ferretti. «Din a une belle tête et un beau comportement de coupable. Il est tour à tour braillard, arrogant, puéril, menteur, procédurier, pédophile, mais tout cela, est-ce une preuve? (…) Aucune des agressions commises sur les jeunes garçons qu’il soudoyait n’ont eu de suites judiciaires». Me Ferretti a tenté d’exploiter les incohérences selon lui d’un «dossier désespérément vide». L’avocat de Din fait remarquer que le copain d’Adrien, Stephen Smith, avait dit dans un premier temps qu’il avait tout vu. En janvier 2000, il est revenu sur ses déclarations, prétextant que la police l’avait obligé à dire cela. Adrien Stephan, 12 ans, a été tué le 1er juin 1998. Il avait disparu le lundi de Pentecôte alors qu’il s’amusait avec son VTT près de l’appartement familial de Thionville. Le 3 août suivant, des marginaux découvraient ses restes dans un bunker, tout près du domicile familial. Alex Din avait été arrêté le 24 septembre par le SRPJ de Metz. Il avait avoué et désigné un complice -Nicolas Hennetier- avant de se rétracter. Nicolas Hennetier a toujours affirmé n’avoir jamais rencontré Adrien, mais il n’a jamais pu expliquer pourquoi, sur l’une de ses baskets, a été décelée une minuscule gouttelette de sang dont l’ADN est celui du petit garçon.

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