La politique dans la loi de finances

Au cours des débats qui ont prévalu lors de la discussion du projet de loi de Finances présenté par le gouvernement, outre la question du Sahara et de l’intégrité territoriale du Royaume, deux sujets ont été à nouveau évoqués par les représentants des groupes parlementaires. Lors de l’explication du vote de son parti, en faveur du projet du budget présenté par le ministre des Finances, Driss Lachgar, chef du groupe socialiste à la Chambre des représentants, a tenu à mettre le point sur la nécessité pour les différents responsables de l’Etat de ne plus chevaucher dans des compétences ne relevant pas de leurs domaines d’action. Faisant ainsi allusion à une déclaration attribué à Zoulikha Nasri, conseillère de SM le Roi, qui a estimé que les parlementaires n’étaient pas favorables au Code de la famille, en général, et à l’épanouissement de la femme en particulier. D’un autre côté, dans son intervention au nom du groupe parlementaire de l’USFP, Khalid Hariri, député d’El Jadida, a réitéré la position du Premier secrétaire adjoint de son parti vis-à-vis des attentats terroristes de Casablanca, qui ont secoué tout le Maroc, le 16 mai dernier, en refusant tout rapprochement direct entre le terrorisme et les conditions sociales et économiques du pays. Pour ce qui est des élections communales du 12 septembre, l’orateur a estimé que ces échéances, et plus particulièrement, les événements qui s’en suivirent, ont constitué une régression par rapport à l’édifice démocratique du pays, et rappelé certaines pratiques qui ne devraient plus exister. « La corruption s’est presque généralisée », conclut-il. Même son de cloche concernant ce point chez le Parti de la justice et du développement. Mais, contrairement au député socialiste, Abdellah Baha, président du Groupe du PJD, n’a pas manqué d’évoquer l’intervention de certains agents d’autorité pour peser sur les choix des citoyens au cours des élections. Et de souligner, à son tour, que ces élections constituent un pas en arrière par rapport à l’évolution de l’exercice démocratique dans notre pays. En outre, le PJD a appelé à l’introduction de nouveaux amendements sur la loi régissant les élections et la vie des partis. Néanmoins, la question qui a attiré le plus l’attention de ce parti est celle portant sur les répercussions des attentats du 11 septembre et la confusion qui plane depuis lors sur le rapprochement entre l’Islam et le terrorisme. Sur le plan de la politique intérieure du Maroc, l’accent a été mis sur la nécessité d’accorder plus d’intérêt aux institutions de socialisation, notamment, la famille, l’école et la mosquée, ces trois domaines qui ont failli à leurs devoirs selon le PJD. Abdelhamid Aouad, président du Groupe istiqlalien, n’a pas manqué, non plus, de mettre le doigt sur le danger que représente la corruption et qui annonce l’émergence d’un nouveau Maroc où les réseaux seraient en passe de se constituer et de menacer la démocratie, le domaine des droits de l’Homme et la stabilité du pays. Pour ce qui est des leçons à tirer des attentats terroristes du 16 mai, il a mis l’accent sur la nécessité urgente d’adopter une nouvelle politique économique et sociale, réduisant, ainsi, le phénomène terroriste à son aspect matériel élémentaire (absence d’emplois, de logements adéquats, d’enseignement utile et de vie décente). En bref, face à des événements qui ont marqué l’année sociale précédente, les perceptions de trois des plus importants partis politiques du pays diffèrent selon le degré d’importance et l’évaluation déduite de ces événements, mais tous s’accordent à voir l’avenir avec optimisme.

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