La politique de prise en charge fait toujours défaut

La politique de prise en charge fait toujours défaut

Les maladies rhumatismales anéantissent le patient physiquement et financièrement. La polyarthrite rhumatoïde connue par l’inflammation et la destruction articulaire qu’elle engendre nécessite des traitements très onéreux. «Pour les biothérapies, de nouveaux traitements qui permettent de stopper l’évolution de la maladie , il faut compter entre 12 et 15 millions de centimes annuellement», a souligné Dr Noufissa Lazrak, présidente de la société marocaine de rhumatologie (SMR) lors d’une rencontre lundi, à Casablanca.
La prise en charge continue de constituer le problème le plus préoccupant pour ces malades qui ont du mal à s’en sortir et sont contraints, de renoncer aux traitements de fond qui permettent à eux seuls de ralentir la progression de la maladie. Face à cette situation alarmante, l’Association marocaine de lutte contre la polyarthrite rhumatoïde (AMP) a adressé à l’occasion de la Journée mondiale de l’arthrite célébrée le 12 octobre de chaque année, une lettre à Saïd Ahmidouch, directeur de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). L’association réclame une fois de plus une révision du taux de remboursement de toutes les maladies rhumatismales citées sur la liste des affections de longue durée (ALD). «Il nous paraît inconcevable que les maladies rhumatismales figurant parmi la liste des ALD soient, après l’extension de l’AMO aux soins ambulatoires, remboursées à 70% au même titre qu’une simple angine» peut-on lire dans cette lettre.
Pour l’AMP, ces maladies doivent impérativement être remboursées à hauteur de 100% dans la mesure où la plupart des malades n’ont pas les moyens de payer les 30% restants ni d’avancer la totalité des frais en attendant le remboursement.
La polyarthrite rhumatoïde touche près de 500.000 Marocains dont 80% de femmes. Cette maladie occupe à elle seule 38% des rhumatismes inflammatoires chroniques. Alors qu’en Europe, elle débute entre 45-55 ans, au Maroc, elle surgit une décennie plus tôt (35-45 ans).
«Les facteurs liés à l’environnement les problèmes d’eau potable, d’insuffisance d’hygiène, expliquent cette situation», a affirmé le Professeur Najia Hajjaj-Hassouni, Doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat.. A l’occasion de cette rencontre, la SMR a lancé une étude intitulé «Espoir Maroc». Cette étude se fixe plusieurs objectifs sur les plans de la santé, de la recherche mais également au niveau économique et social. Elle permettra ainsi d’améliorer la qualité de vie des malades souffrant de polyarthrite rhumatoïde et une détection précoce des formes à potentiel érosif sévère par l’établissement précoce des facteurs prédictifs de sévérité.
En outre, cette étude vise à réduire les conséquences néfastes de la cette maladie sur la vie personnelle, familiale et sociale des malades d’autant plus que l’affection touche avec prédilection les femmes jeunes à une phase de maximum de production sur le plan social.

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