La presse algérienne à court d’arguments

Les arguments de la presse algérienne ne répondent pas à la teneur du mémorandum, mais cherchent à disculper Alger d’un dossier auquel elle tient de toutes ses mains. Pour «Le Jeune indépendant», le mémorandum est «une affirmation contredite par la réalité du terrain». Quelle réalité du terrain ? Celle de Tindouf, à l’intérieur des frontières de l’Algérie.
Le journal «Liberté» souligne pour sa part que le Maroc a développé son argumentaire «sans fournir la moindre preuve concrète». Mais le document remis aux Nations Unies est non seulement une série de preuves, mais de pièces à conviction de l’implication totale d’Alger dans le conflit. «L’Expression» rappelle de son côté la lettre adressée par Abdelaziz Bouteflika à Kofi Annan, ainsi que le discours qu’il a prononcé devant l’Assemblée générale de l’ONU. Mais justement, c’est en réaction à cette lettre que le mémorandum a été rédigé. A court d’idées, ce journal se cramponne à des arguments qui précèdent le mémorandum pour tenter d’y répondre. Qui va adhérer à cette logique de «en arrière-toute» ?
«Le quotidien d’Oran» a trouvé la réponse au mémorandum : c’est la reconnaissance par l’Afrique du Sud de la rasd qui a conduit le Maroc à le rédiger. Et comme pour montrer que le conflit n’est pas bilatéral, ce quotidien fait parler le soi-disant ambassadeur de la rasd à Alger. Donc, ce journal veut défendre une entité qui évolue en Algérie, et pour ce faire il contacte son ambassadeur à Alger. Cela fait trop d’Algérie à la fois pour que la chose ne soit pas algéro-algérienne. «El Watan» a fait de son côté beaucoup de tapage. On en retient l’entretien avec le chef de la diplomatie algérienne. Il affirme : «Pour nous, le plan de paix n’est pas négociable, ni sujet à une seconde lecture comme l’a affirmé M. Baker lui-même. Toute solution qui tente de s’écarter du plan de paix est vouée à l’échec». S’il fallait une preuve supplémentaire de l’implication totale de l’Algérie dans le conflit, c’est bien celle-là. Comment un pays peut-il menacer de faire échec à un plan s’il n’était pas un protagoniste ?

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *