La prison, dernière étape

Les larmes aux yeux, Souleiman et Nadia s’embrassent après avoir entendu le jugement ; cinq ans de réclusion contre lui et deux ans contre elle.
Il a vingt-huit ans, de taille sportive et elle a vingt-deux ans, de taille moyenne. Ils se sont rencontrés pour la première fois, en octobre 2000, dans un bus de transport en commun. Il était chauffeur et elle était receveuse. Ils sont sortis un jour ensemble.
Il lui a appris qu’il était voleur, qu’il a purgé une peine d’emprisonnement de quelques mois, et qu’il veut mener une vie honnête, digne et sans problème, qu’elle lui plaît et qu’il veut se marier avec elle.
Seulement qu’elle doit attendre quelques mois, le temps d’épargner une somme d’argent. Leur relation se consolide d’un jour à l’autre. Elle commence à le rejoindre dans sa demeure sise rue 33, boulevard Nil, quartier Mabrouka, Jamila I. Ils font l’amour au point qu’il l’a dépucelée.
Il n’y a pas d’application de loi par ces sociétés privées de transport en commun, il n’y a que l’anarchie. Sans raison, ils se sont trouvés sans boulot et sans le moindre sou. Nadia s’est convertie en une domestique et Souleiman en un chômeur.
Il l’accompagne quotidiennement jusqu’à la villa de ses employeurs à Derb Ghallef. Il se rend compte d’un scooter à l’entrée de la villa. Il lui demande de l’aider pour l’avoir. Elle n’a pas hésité. Elle lui confectionne une clef et l’amant vole le scooter.
C’était le début du mois de mai 2001. Son ami, Saïd, arrive chez lui, lui montre un plan d’une agression spectaculaire.“C’est Yassine qui a mis le plan de l’opération, c’est un jeune stagiaire à l’agence de la banque populaire située à la rue Abouafi, quartier Kariat Al Jamaâ“.
Le jour de l’opération est fixé pour le lundi 14 mai, entre 13h30mn et 14h.
13h00 : J. Souleiman se pointe à l’entrée de l’abri du guichet automatique, un sachet en plastique noir renfermant une pierre à la main, Abdessamad, armé d’un couteau, se tient près de lui comme s’il attend l’ouverture de l’agence bancaire et Saïd attend un peu plus loin à bord d’un scooter.
Le pompiste, M’barek et son collègue, Mohamed, travaillent à la station d’essence Petrom située sur le boulevard Réda Guedira. Ils se chargent du convoi de la recette journalier à l’agence bancaire. Le trio les attend.
13h45mn, le pompiste M’barek descend de la voiture de service. Son collègue Mohamed reste au volant de la voiture.
M’barek pousse la porte de l’abri où se trouve le guichet automatique. Un coup de pierre sur sa tête. Souleiman lui arrache violemment le sac qui renferme 139.000 dirhams.
Le chauffeur s’en rend compte. Il intervient. Abdessamade le menace au couteau. Ils courent vers Saïd.
Ils montent le scooter. Saïd accélère et ils disparaissent. Ils se sont rencontrés quelques heures plus tard chez Saïd au quartier Bournazel.
Ils ont partagé le butin. Souleiman, Saïd et Abdessamad ont reçu chacun 35 mille dirhams et le cerveau de l’opération, le banquier stagiaire, a reçu 34 mille dirhams.
Vers 15h, Souleiman rentre chez lui, informe son amante que l’opération a réussi, lui demande de se préparer pour voyager à Tétouan afin qu’ils achètent des appareils électroménagers pour les cérémonies du mariage fixées pour le samedi 26 mai 2001. Mardi 22 mai, ils regagnent Casablanca, se rendent au Souk Derb Ghallef pour acheter des ustensiles.
Le lendemain, ils louent une chambre-une cuisine à 850 dirhams par mois au quartier Hay Hassani. Mercredi matin, lorsqu’ils ont commencé à déménager, ils ont été surpris par la police judiciaire de Ben Msik-Sidi Othman qui vient les arrêter.
Abdessamad, Saïd et le banquier stagiaire courent toujours.

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