La promotion touristique

La promotion touristique

Thami Ghorfi : Je voudrais vous demander quelle place occupe aujourd’hui la promotion dans le développement du tourisme ?
Fathia Bennis : La promotion dans le développement du tourisme occupe une place aussi importante que l’aérien, que le produit lui-même. Donc impossible de développer une destination sans promotion.
Le développement du tourisme est un chantier qui est lancé aujourd’hui au Maroc avec la libéralisation de l’aérien et le démarrage des nouvelles stations balnéaires. Comment allez-vous faire pour accompagner et faire venir ces touristes?
F.B. : Nous avons mis en place une stratégie de conquête. Nous essayons bien entendu d’avoir plus d’expertise puisque, pour la première fois, nous sommes en cours de réalisation d’études de marché. Ces études très fines nous permettront de fragmenter les marchés pour identifier les segments de cible qui nous intéressent. Ceci nous permettra également de mettre en place une promotion beaucoup plus ciblée et mieux planifiée.
C’est à dire que vous travaillez sur un pays particulier, un type de touristes spécifique ?
F.B. : Nous avons dû, pour des contraintes budgétaires qui nous sont imposées, faire un choix sur des pays que nous considérons comme stratégiques et sur lesquels le Maroc a déjà une notoriété, à savoir la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Allemagne.
Quelle est la suite de votre stratégie pour accompagner ces études de marché ?
F.B. : En 2004, nous avons commencé une nouvelle stratégie en établissant des relations de partenariat avec des tour-opérateurs. Nous avons notamment signé avec deux grands tour-opérateurs de la place qui font des millions de touristes par an, des contrats un peu particulier puisque ce sont des contrats intégrés qui comprennent un package global, c’est-à-dire à la fois le transport, l’hébergement et la commercialisation.
Est-ce que vous avez une démarche d’évaluation de ces résultats ?
F.B. : Ces contrats sont triennaux et on les évalue à la fin de chaque année. On voit un peu les résultats atteints et on redémarre sur de nouvelles bases pour le co-marketing.
Est-ce que vous avez des contrats avec des tour-opérateurs qui n’intègrent pas l’aviation dans leurs offres ?
F.B. : Tout à fait. Nous avons changé aussi notre façon de travailler avec eux puisque, au lieu de signer chaque année des contrats nouveaux, nous avons prévu des contrats pluriannuels, quinquennaux de façon générale et sur lesquels nous avons fixé des objectifs annuels quantitatifs que nous évaluons chaque fin d’année en fonction de la conjoncture et en fonction de ce qui a été réalisé pour voir si ces tour-opérateurs sont vraiment efficaces pour nous.
Qu’est-ce que vous vendez à ces tour-opérateurs qui n’intègrent pas le transport aérien dans leur offre : une ville, un type de tourisme par exemple du surf à Dakhla ?
F.B. : On leur vend une région avec son arrière pays. Nous avons des contrats signés sur lesquels nous faisons du co-marketing pour Marrakech, Fès, Tanger, Agadir, etc. En général, dans chaque contrat, il est prévu pratiquement toutes les régions
Justement, puisque vous parlez de régions, le développement du tourisme au Maroc concerne également la structuration au niveau régional des opérateurs à travers les Centres régionaux de tourisme. Est-ce que vous intégrez cette démarche pour travailler avec les CRT et développer non plus un label national «Maroc» mais un label plus particulier selon les régions ?
F.B. : Tout à fait, nous travaillons en étroite collaboration avec les professionnels des régions. Notre objectif est de les impliquer davantage avec nous dans la promotion de leur région. Ils sont les mieux placés pour la connaître donc les mieux placés pour la vendre.
Monsieur Maghrabi, quelle était l’actualité du marché financier la semaine dernière ?
Si Mohamed Maghrabi : Pour la semaine dernière, la performance a été positive. L’indice a marqué une progression de 11,98% depuis le début de l’année et la capitalisation boursière s’est située à 130 milliards de dirhams.
Concernant le volume global qui a été traité sur le marché la semaine dernière, il était à un niveau élevé se situant à 986 millions de dirhams avec 636 millions sur le marché de blocs, réalisés essentiellement grâce à l’opération de 2,39% du capital de la BCM, et un volume de 350 millions de dirhams sur le marché central, ce qui fait une moyenne quotidienne de 70 millions de dirhams qui est assez élevée.
Quelles étaient les plus fortes hausses de la semaine dernière ?
M. M. : Pour les plus fortes hausses de la semaine dernière, on retrouve ACRED avec pratiquement +26%, Diac Equipement avec +10,68% et Taslif avec +10,42%. Il est à noter que sur Taslif, il y a eu un échange de 15% du capital à un cours de 214 Dhs et on attend les explications du CDVM sur ces 15% qui ont changé de main.
Quelles ont été les plus fortes baisses la semaine dernière ?
M. M. :Pour les plus fortes baisses, on retrouve IB Maroc avec –8,66%, Diac Salaf avec –6,45% et la Marocaine Vie avec –5,48%.
Quelles informations avons-nous sur les résultats de Wafabank annoncées ce début de semaine?
M. M. : Pour les résultats de Wafabank, on retrouve une consolidation au niveau des parts de marché. Wafabank représente maintenant 12% de dépôts du système bancaire marocain. Son produit net bancaire a augmenté de 1,5% se situant à 1 milliard 673 millions. Les charges générales ont augmenté de 15,9% à 995 millions de dirhams donnant un résultat brut d’exploitation en baisse de 22%, à 610 millions de dirhams.
Des explications exceptionnelles sur ces résultats négatives ?
M. M. : Le résultat net qui s’est situé à –398 millions de dirhams est le fruit de la mise à niveau du bilan, puisqu’on a constaté des dotations nettes de provisions de 991 millions de dirhams. A noter également que pour l’exercice 2003, Wafabank ne distribuera pas de dividendes. On attendra la décision de l’assemblée générale.
Toujours dans l’actualité boursière, nous avons aussi l’émission obligataire de Lydec. Va-t-elle chercher des fonds financiers ?
M. M. : Exact. La Lydec va lancer une émission obligataire de 1 milliard 50 millions de dirhams pour financer son transfert de la Caisse de retraite au régime de retraite (RCAR). L’émission aura pour caractéristique deux tranches : la tranche A qui est plafonnée à 775 millions de dirhams sur 15 ans à un taux de 6,77% et la tranche B qui est subordonnée et qui est plafonnée à 275 millions de dirhams sur 15 ans à 6,95%. La prime de risque est plus importante. Il est à noter aussi la réussite de l’émission de l’ODEP qui a été souscrite trois fois.
Madame Bennis, quels éléments avez-vous de la conjoncture du secteur touristique en cette fin d’année 2003-début 2004 ?
F.B. : Les éléments semblent très porteurs et nous demeurons très optimistes puisque, aussi bien en décembre qu’en janvier, nous avons enregistré un taux d’accroissement en termes de nuitées de quelques 22% pour la France et 55% pour l’Espagne, et la Belgique est également en pleine croissance. Ce qui est de bon augure.
En tant que dirigeante d’entreprise, quelle est votre perception du rôle que peut jouer la femme dans les entreprises ?
F.B. : Je crois que la femme a un bel avenir devant elle grâce à la réforme du code de la famille. La femme va avoir une égalité avec le conjoint et sera donc beaucoup plus épanouie dans sa vie et dans son travail. Je trouve que ce n’est que justice, puisque l’Etat finalement finance les études des femmes également et il n’est pas question qu’elles restent à la maison. Enfin, je souhaite que la femme soit plus respectée.

• Cette émission sera rediffusée ce soir à 22h00 sur les ondes de Médi 1
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Prochain rendez-vous le 15 mars 2004.

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