La rage des chirurgiens dentistes à Safi

Le torchon brûle entre l’OCP et un collectif de chirurgiens-dentistes. L’histoire a pourtant débuté comme un mariage de raison entre l’office, soucieux de la santé dentaire des siens, dans un site où il ne dispose pas de ses propres structures hospitalières, et un groupe de praticiens. Ainsi les phosphatiers de Safi pouvaient-ils, encore jusqu’à une date récente, accéder aux soins bucco-dentaires chez des privés présélectionnés par l’Office lui-même. D’aucuns y trouvaient leur compte : les agents O.C.P. pouvaient afficher un beau et sain sourire tandis que les praticiens se voyaient rembourser leurs prestations avec un «D» ( unité de valeur) supérieur à 9 dirhams.
La lune de miel a vite tourné au vinaigre. Certes, quelques indélicatesses abusives ont défrayé les chroniques locales, mettant en cause certaines pratiques frauduleuses. Toutefois, ces détails inhérents à quelque bassesse humaine ne doivent aucunement remettre en cause la bonne marche de cette coopération. Car, un jour, l’O.C.P. a subitement décidé de revoir à la baisse et de façon spectaculaire la valeur du «D» à 7dh et des poussières. Cela fait certes partie des prérogatives de n’importe quel organisme de prévoyance, mais de l’avis d’un responsable syndical, il est clair que cette mesure va dans le sens d’une tentative d’équilibre d’une caisse sociale déficitaire sur les moyen et long termes et ce, à cause du nombre croissant des départs à la retraite, contre un recrutement quasi-nul. Résultat, la Direction a aligné les taux de recouvrement sur les plus bas, c’est-à-dire ceux des retraités. Le «D» chute ainsi de 9 à 7. Ce syndrome de la «Sécu..» française frappe de plein fouet nos chirurgiens- dentistes de Safi pour qui les agents O.C.P. représentent une très importante clientèle, surtout dans un environnement où la couverture médicale généralisée demeure au stade du voeu pieux. Certains praticiens sont désormais menacés de fermer boutique.
En somme, d’une part, les dentistes de Safi ne comprennent pas ce volte-face d’une entreprise -citoyenne qui ne les a pas avertis; et, d’autre part, ils déclarent assister avec stupeur à l’émergence de certaines pratiques que la déontologie réprouve de la part de quelques responsables locaux chargés du traitement des dossiers médicaux des phosphatiers de Safi. A titre d’exemple , il leur est demandé d’inscrire un chiffre remboursable dicté à l’avance, ce qui équivaudrait de facto à une fausse déclaration. En cas de refus du dentiste, le patient est acheminé par la bénédiction des mêmes responsables vers des «mécaniciens» ou pire, vers des charlatans, autrement dit, un encouragement à l’exercice illégal de la médecine …
Les chirurgiens-dentistes de Safi demandent l’instauration du dialogue, en vue de clarifier la situation et sauvegarder les intérêts des parties concernées.

• Saïd Laqabi
Correspondance régionale

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