La RATC au bord du dépôt de bilan

La Régie Autonome du transport à Casablanca (RATC) demeure menacée de dépôt définitif de bilan. Une gestion caractérisée par plusieurs défaillances, un parc roulant vieillissant et non entretenu, les problèmes des salaires des employés sont devenus perpétuels, les arrêts de travail se multiplient, etc. L’entreprise n’a plus les moyens pour gérer son parc, environ de trois cents bus. Dès qu’un autobus tombe en panne, il est directement renvoyé à la ferraille, au moment où les factures des pièces de rechanges sont gonflées. Ainsi, le nombre d’engins bleus roulants est en constante régression. Le parc a été renouvelé à plusieurs reprises sur la base des critères injustifiés, reprise des bus, ayant servi longtemps en Europe dans un état quasi-ferraille. La majorité de ces bus sont aujourd’hui immobilisés, sans aucune raison, alors que le déficit en matière de transport public urbain dans la capitale économique du pays ne le permet pas.
Chaque fois, on fait appel à la communauté urbaine de Casablanca (CUC) et au ministère de tutelle pour le règlement des salaires des employés, sans parler des arriérés aux caisses (CNSS) et (CIMR), qui s’élèvent à des milliards de centimes. En 2001, les autorités ont débloqué à la régie pas moins de quatre milliards de centimes, dans le cadre d’un programme d’ajustement financier. “Cette année, la communauté urbaine de Casablanca est intervenue à deux reprises pour débloquer la situation mais le problème des salariés demeure posé. Il faut revoir la gestion de l’entreprise”, affirme Saâd Abassi, président de la CUC. Ces problèmes découlent directement de la gestion défaillante de l’entreprise, qui est sous tutelle du ministère de l’Intérieur et dont les directeurs sont désignés par ce ministère. Les revendications des employés n’ont jamais été satisfaites. Ils ne sont plus représentés au Conseil d’administration. L’entreprise est victime de sa propre gestion, de népotisme, du clientélisme, de trafic d’influence, etc. Elle est menacée aujourd’hui de dépôt définitif de bilan. Avec la régression du nombre de bus, en raison de la multiplication des pannes et l’absence de l’entretien, les employés de l’entreprise, plus de 2100, sont presque au chômage technique. Environ neuf personnes pour la gestion d’un seul bus. Comment cette entreprise ne va pas être déficitaire de plusieurs millions de centimes ?
Les répercussions négatives de cette crise sur le contexte casablancais ne sont plus à démontrer. Plusieurs postes d’emplois sont menacés. Les abonnés et les usagers des bus de la RATC souffriront également de l’absence des bus de la régie. Il faut dire que les problèmes de la régie sont les mêmes pour les entreprises du secteur privé. L’anarchie et le non-respect des lois en vigueur sont les maîtres-mots. Et les Casablancais paient le prix de cette débandade dans le secteur. Il est à souligner que le réseau du transport urbain de Casablanca est composé de 182 lignes. 97 sont exploitées par dix-huit sociétés privées, disposant d’une flotte de 750 bus. Elles assurent le transport de 1.200 million d’usagers par an et génèrent 4500 emplois. Un secteur sensible et rapporteur. Le réorganiser et le bien gérer, c’est participer activement au développement de la capitale économique du pays.

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