La restauration de la mosquée de Taza

Fondé, selon des historiens à l’époque des Almohades, Al-Masjid Al-Aâdam con-stitue le plus beau monument historique de Taza et l’une des plus belles mosquées en terre d’Islam. Malheureusement, avec les vicissitudes et l’usure du temps, ce joyau de la civilisation arabo-musulmane se trouve actuellement dans un état de dégradation.
Malgré quelques tentatives de réfection, l’état de décrépitude de la grande mosquée n’a fait qu’empirer suscitant ainsi les craintes de la détérioration de ce bâti historique.
Conscient de l’état délabré de la mosquée, le ministère des Habous et des Affaires islamiques a décidé de désigner un bureau d’études pour faire l’état des lieux et de lancer ensuite le marché d’adjudication pour le démarrage des travaux de restauration de ce précieux monument.
Une étude architecturale avec un plan d’aménagement de la médina de Taza a été d’ailleurs établie en février 2001 par un cabinet d’urbanisme et d’architecture dans la perspective d’inciter aussi bien les responsables que les habitants à la sauvegarde de la médina qui pâtit de la marginalisation et de la dégradation. Cette étude décrit la grande mosquée, appelée aussi Jamâ Lekbir, comme le monument le plus intéressant de la médina de Taza. Cet édifice, constitué de 14 travées sur 9 nefs, comporte des coupoles dans l’axe du mihrab, dispose de 9 portes et de deux cours ou Sahns. Il se distingue par l’énorme lustre en bronze gravé d’inscriptions coraniques et poétiques ainsi que par le minbar richement décoré, actuellement abandonné dans un coin de la mosquée. Les différentes dynasties qui se sont succédées au Maroc ont montré l’intérêt pour cette mosquée et en particulier la dynastie Mérinide qui fit de Taza une cité privilégiée.
Selon des sources historiques du XIII-ème siècle, les grandes transformations effectuées par le Souverain Mérinide Yaâcoub Youssef dans la mosquée Almohade ont fait de cet édifice religieux l’un des plus beaux monuments de l’Occident musulman. Le lustre de Masjid Al-Aâdam, daté par une inscription circulaire intérieure de 694 de l’Hégire (1294/1295), serait une commande du même Souverain Mérinide Yaâcoub Youssef. Les chroniqueurs n’ont pas manqué de souligner le caractère exceptionnel de ce lustre considéré comme un chef-d’oeuvre de la bronzerie hispano-mauresque et le plus grand dans le monde islamique. Il mesure 4 m de hauteur, 2,50 m de largeur, pèse 32 quintaux et compte 500 calices ou godets à huile. Ce lustre fut chanté par des poètes et constitue, à l’heure actuelle, une fierté de la ville de Taza et partant du Maroc.
La restauration de la grande mosquée et la rénovation de ce précieux lustre constitueront indéniablement une autre oeuvre civilisationnelle à inscrire dans le registre de la dynastie Alaouite et dont se souviendront, avec fierté, les générations futures.

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