La santé scolaire ne se porte pas bien

La santé scolaire ne se porte pas bien

Cela a tenu des grandes retrouvailles où on fait assaut de politesses pour marquer le plaisir qu’on a à se retrouver entre cadres administratifs que des agendas inopportunément chargés ont éloignés les uns des autres. Mais, ces civilités évacuées, la 1ère rencontre nationale autour du «plan d’action intersectoriel sur la santé scolaire et universitaire» qui s’est déroulée vendredi à Rabat, a quand même pris le temps d’aller à l’essentiel. Et curieusement, la partie la plus originale de cet essentiel n’était pas dans les petits papiers du dossier de présentation de la réunion. Car personne n’avait été avisé que Lhoussaine Louardi allait – sciemment ou par inadvertance- laisser entendre que la violence sur les lieux d’apprentissage est également affaire de santé scolaire. C’est pourtant ce que les quelque 200 à 300 cadres -centraux et locaux- des ministères de la santé, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de l’intérieur avaient été en droit de comprendre quand le ministre a évoqué la situation sanitaire dans les établissements scolaires. Citant les rapports d’activité du programme national de santé scolaire et universitaire, il a déclaré que «les enfants et les jeunes scolarisés souffrent d’un certain nombre de problèmes de santé dont les plus prédominants sont les affections buccodentaires (50%), les maladies infectieuses (39%), les déficiences de l’acuité visuelle (7%) et les maladies non-transmissibles (3%)». Mais ce qui a plus particulièrement retenu l’attention, ce sont les résultats des études et des enquêtes réalisées auprès des adolescents et des jeunes qui ont révélé que 15,5% des élèves âgés entre 13 et 15 ans fument, que 8% des garçons et 3,5% des filles consomment de l’alcool et que, tous sexes confondus, 3% s’adonnent à l’usage de la drogue. Tout aussi grave ou presque : un élève sur 2 ne pratique pas d’activité physique, ce qui fait que 14% des scolarisés souffrent d’excès de poids. Plus grave : 14% des élèves souffrent de troubles psychologiques. Cela, tous ces chiffres qui établissent que la santé scolaire est plus que perfectible, c’est le terreau dans lequel la violence plonge ses racines. Tout aussi grave, l’origine de la contre-performance du dispositif éducatif ; tant il est vrai que la santé du corps commande celle de l’esprit. Et c’est aussi l’avis du ministre de l’éducation nationale qui a plaidé la cause de l’efficacité de son département en mettant les médecins devant leurs responsabilités et en les engageant à être plus attentifs à la question des certificats de complaisance. C’est une question d’intérêt national car elle concerne l’avenir de nos enfants, c’est-à-dire celui du Maroc, a-t-il déclaré en substance.
Organisée autour du «Partenariat comme levier de la promotion de la santé», la rencontre a donné lieu à la signature de l’engagement concerté sur «le plan d’action intersectoriel en matière de santé scolaire et universitaire et de promotion de la santé des jeunes et au lancement du site web: www.santejeunes.ma».
La réunion a également permis de rappeler les objectifs de la stratégie nationale de promotion de la santé des jeunes. Parmi ses objectifs de réduire de moitié la prévalence de la consommation du tabac et des drogues chez les jeunes à l’horizon 2020, de porter à 80% au moins la pratique du sport, d’initier les jeunes à la prévention des risques y compris sexuels- et d’atteindre les 95% d’utilisation des services de santé par les jeunes.

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