La sardine de Laâyoune en danger

La sardine de Laâyoune en danger

Les unités de congélation des céphalopodes (poulpe) souffrent énormément dans la ville de Laâyoune. Depuis 2002, à cause du manque de ressources, la pêche du poulpe a été suspendue. « Seules trois unités, sur les quatorze existantes, ont réussi à se recycler en s’ouvrant sur le pélagique, produisant ainsi de la sardine congelée », souligne Mohamed Ali Habbouha, président de l’Association des unités de congélations de Laâyoune (AUCL).
« Ce nouveau créneau, estime Mohamed Nabil Tazi, vice-président de l’AUCL, est une industrie d’appoint, limitée et vouée à diminuer ». En fait, la pêche de la sardine risque de vivre la même crise que le poulpe à Dakhla. C’est la raison pour laquelle les industriels opérant dans le domaine de la congélation appellent à une table ronde avec les armateurs et les autorités de tutelle. « Cette table ronde restreinte, insistent-ils, devrait déboucher sur des mesures concrètes pour la sauvegarde de la ressource et des emplois ».
Une idée a été émise: l’instauration d’un quota de pêche de 40 tonnes de sardine pour chaque bateau. Ces derniers sont au nombre de 400 actuellement. Leurs principaux clients ne sont pas les congélateurs et conserveurs, mais les industries de farine de poisson qui absorbent la plus grande partie des captures. La raison est que le stockage des sardines s’effectue en vrac au sein des bateaux. Seule la couche supérieure, toujours en bon état, est achetée par les industries de congélation à environ 1,75 DH le kilogramme. Bouallal Messaoud, armateur et président de l’association Atlantique Sud estime que les armateurs sont prêts à investir dans la modernisation des bateaux pour offrir une plus grande quantité de sardines aux industries de congélation. Mais à une seule condition: augmenter le prix de vente à 5 DH le kilo pour les unités de congélation et en soutenant la consommation interne. « Inacceptable! », disent les industriels.
En attendant, la sardine de Laâyoune, plus facilement commercialisable à l’état congelé que celle de Dakhla, finie en majorité sous forme de farine et d’huile. Elle est vendue à ces unités à 60 centimes le kilo.
En attendant une issue à ce problème, des licences de pêche de la sardine ont été délivrées à des bateaux-usines russes, qui risquent de concurrencer les industriels marocains au sein même de leurs marchés en Europe.

• Abdelmohsin El Hassouni
[email protected]
Envoyé spécial à Laâyoune

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