La SCR s’adapte aux mutations du secteur

La SCR s’adapte aux mutations du secteur

Le secteur de l’assurance et de la réassurance a un nouveau code. Sur la forme, il y a désormais unité au niveau des textes. Sur le fond, le code apporte de la rigueur au niveau des relations entre compagnies d’assurances, intermédiaires et acteurs de la réassurance. Soumises à de nouvelles règles de provisionnement et à la marge de solvabilité, les compagnies d’assurances doivent désormais s’inscrire dans le cadre de la bonne gouvernance, dans l’intérêt aussi bien des porteurs de contrats que des actionnaires. Pour le marché de l’assurance et la réassurance, le nouveau code consacre également l’ouverture du marché. Désormais, les assureurs des pays qui ont signé certains accords, avec le Maroc, comme les ALE (Accords de libre échange) peuvent s’installer au Maroc et souscrire directement aux risques. La libéralisation du marché de la réassurance au niveau des transports maritime et aérien constitue l’illustration parfaite des nouvelles réformes.
Parmi les réformes importantes, figuraient aussi la suppression de la cession légale vie-épargne et les crédits caution à partir du 1er janvier 2006. Au niveau de la SCR, cette dernière mesure se traduisait directement par la suppression de 150 millions à 200 millions de dirhams dans le chiffre d’affaires. Pourtant, cette baisse va impacter positivement le bénéfice de la SCR, car, explique l’administrateur délégué M. Zinoun, «nous perdions dans cette cession légale de l’argent du fait du commissionnement et des participations aux bénéfices à verser». Et d’ajouter : «Nous étions préparés à cet environnement depuis une dizaine d’années. Avec notre actionnaire principal , la CDG et le ministère des Finances, nous avons réfléchi à imprimer une nouvelle orientation stratégique».
Pour la SCR, cette nouvelle politique passe par plusieurs axes, dont la consolidation de la position de leader du marché national.
«A ce sujet, je suis très heureux de constater la renommée de la SCR auprès des compagnies d’assurances marocaines qui nous appuient et pour lesquelles nous dispensons les protections adéquates». Illustration de cette politique d’anticipation, la SCR a vu depuis quelques années, sa part moyenne, au niveau du volet concurrentiel, passer de 35 à 45%. La société couvre les traites parfois jusqu’à 60%. «Nous ne voulons pas aller au- delà, explique M. Zinoun, pour qui il faut laisser aux clients (compagnies d’assurances) d’autres fenêtres».
Autre objectif important pour la SCR, se placer sur le marché international en devenant un acteur de fourniture de protections. Sur cet axe, en 2005, les réalisations ont dépassé les objectifs . Les acceptations des compagnies étrangères, essentiellement de l’Afrique, du Moyen-Orient et du Sud –est asiatique ont été importantes, permettant de faire progresser de 100% le chiffre d’affaires sur ce créneau. L’objectif dans les deux prochaines années, c’est de passer de 200 millions de dirhams à 500 millions. «Notre position au niveau des acceptations étrangères est consolidée, entre autres, par la formation que nous dispensons aux compagnies étrangères,soit seuls, soit en coopération avec l’Organisation des assurances africaines(O.A.A) et la CNUCED. Le congrès tenu en 2002 à Fès que la SCR a organisé avec l’Organisation des assurances africaines (OAA) avait réuni 850 délégations. Ce qui illustre toute l’importance de ce volet.
Aujourd’hui, avec les nombreuses mutations du commerce mondial, un autre marché pointe à l’horizon. Il s’agit de la gestion des risques-catastrophes, thème d’un séminaire organisé par la SCR en 2004 et auquel ont pris part 350 participants. Cette conférence a donné naissance au Centre africain de risques catastrophiques (CARC) dont M. Zinoun assure la présidence. Ce Centre a pour ambition de conseiller les Etats et les compagnies africaines en matière de prévention de risques et pour l’élaboration de couvertures assurantielles.
Le développement des risques catastrophiques est venu donc se greffer à la nouvelle politique de la SCR, en constituant son troisième axe. A ce titre avec la DAPS (Direction des assurances et prévoyance sociale), la SCR a élaboré des projets de loi sur les risques catastrophiques. Cette famille de risques peut se scinder en deux groupes. Il y a les catastrophes du fait de la nature, comme les tremblements de terre, les inondations et les ouragans, et aussi, de plus en plus, avec les tensions d’ordre géopolitique, les risques catastrophiques du fait de l’homme : terrorisme, mouvements sociaux, etc.

Un résultat 2005 qui confirme les choix
Jeudi 16 mars 2006, lors du Conseil d’administration de la SCR, les administrateurs avaient de quoi être satisfaits. La SCR a drainé 2, 237 milliards de dirhams, soit une progression de 6%. Dans ce total, les affaires légales représentent 1,29 milliard de dirhams, en progression de 4,4%. Quant aux affaires conventionnelles (marché soumis à la concurrence), elles ont drainé 946 millions de dirhams, en croissance de 8% d’une année à l’autre. Des performances remarquables dans un marché marocain, en croissance de 5,7%. En effet, dans l’ensemble, le marché a drainé (y compris l’assistance), 12, 95 milliards de dirhams d’une année à l’autre. La branche non vie, avec 9,7 milliards de dirhams, progresse de 4% contre 12,7% pour la branche vie (3,2 milliards de dirhams). La SCR contribue à la rétention de l’épargne au Maroc avec 1,747 milliards de dirhams (+8%) au titre de primes conservées. La gestion générale et financière, en progression de 25,4%, a représenté 365 millions de dirhams. Le bénéfice net s’est établi, quant à lui, à 125 millions de dirhams, en progression de 11%.

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