La SNDE, elle aussi agonise

Les travailleurs de la SNDE (Société nationale de développement de l’élevage) ont adressé, au mois de janvier dernier, un mémorandum au ministre de l’Agriculture, Mohand Laenser, dans lequel ils demandaient le règlement de leur situation, notamment à la lumière de la décision de liquidation de cette société.
Jusqu’à présent, leur démarche est restée sans suite et le doute continue de planer sur le sort de quelque 150 familles concernées par cette liquidation. Créée en 1974, la SNDE, s’est chargée de la production des viandes rouges . Sa mission consistait à contrôler et assister cinq Unités Filiales localisées dans des zones arides et semi-arides ainsi que dans des zones montagneuses. Mais avec le temps, on s’est rendu compte qu’elle était incapable de répondre pleinement à la demande du marché en viandes rouges. C’est ainsi que le Conseil d’administration de la société , présidé par le ministre de l’Agriculture, avait décidé de lui attribuer une nouvelle mission en juin 1983.
A travers ses unités filiales , elle s’occupa alors également de la sélection et l’amélioration génétique des races locales ovines et bovines, en même temps que de la de la vulgarisation des géniteurs, des produits et des techniques d’élevage. Cette évoluttion s’est traduite par la production d’environ 5000 géniteurs et génisses de la race locale Santa Gertudis marocaine, 500 géniteurs et génisses de la race locale Oulmès – et environ 10.000 antenais et antenaises de la race ovine Timahdite .
D’un autre côté, ses unités n’ont pas cessé de constituer une véritable banque de gènes pour tout travail d’amélioration génétique des races locales marocaines.
Cependant, avec la sécheresse, qui a sévit pendant plusieurs années, et affectée l’équilibre financier des unités, un Conseil d’administration ( soit le dernier Conseil réuni dans les règles), tenu le 24 février 1998, avait pris pour résolution la dissolution de deux Unités Filiales et la réactualisation de la mission de la SNDE.
Une commission tripartite ( SNDE, D.E, DEPAAP), ANPV, ANEE) a été chargée de réaliser une étude à ce sujet. Dans le même ordre, les associations professionnelles ANOC, ANPV et ANEE ont adhéré à ce projet.
Mais après changement au niveau de la Direction de l’élevage du ministère de l’Agriculture, le projet de réorientation de la mission a été gelé pour des raisons inconnues et l’on a décidé, en septembre 2002, moyennant un PV tournant se substituant à la réunion réelle du Conseil d’administration, la dissolution et la liquidation de la SNDE et de ses cinq Unités filiales avant même de décider du sort du personnel et du devenir des noyaux génétiques. Des noyaux qui ont nécessité une vingtaine d’années de travail et de recherches.
Bref, le climat social est désormais tendu aussi bien au niveau des Unités qu’au sein du siège de la SNDE. Plusieurs ouvriers, payés à la quinzaine ainsi que le personnel de certaines unités n’ont pas touché leurs salaires depuis plus d’une année. Alors que les responsables s’apprêtent à lancer un appel d’offres et engager un cabinet d’experts comptables et établir le constat des lieux qui pourrait coûter environ 3 milliards de centimes, les représentants des travailleurs avancent qu’avec la moitié de ce budget, il y a lieu de redresser la situation au sein de leur société, c’est-à-dire de la restructurer et de motiver son personnel.

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