La Suisse suspend un accord de normalisation avec la Libye

La Suisse a suspendu, mercredi, l’accord de normalisation des relations signé en août avec Tripoli pour mettre fin aux tensions diplomatiques nées de l’arrestation à Genève d’un des fils de Mouammar Kadhafi, en raison du manque de «collaboration» de la Libye. «Il est notoire que Tripoli refuse toute collaboration. Les deux ressortissants suisses, enlevés en violation du droit international, sont retenus dans un lieu inconnu à ce jour en Libye», a indiqué le porte-parole du gouvernement suisse André Simonazzi.
«Le Conseil fédéral a en conséquence décidé de suspendre l’accord signé à Tripoli le 20 août 2009», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.
L’accord avait été signé lors d’une visite éclair dans la capitale libyenne du président de la Confédération Hans-Rudolf Merz. Ce dernier avait alors présenté les excuses de la Suisse à la Libye pour l’arrestation musclée en juillet 2008 à Genève d’Hannibal Kadhafi, accusé de mauvais traitements sur deux domestiques.
Selon Berne, l’accord incluait la libération de deux hommes d’affaires helvétiques, retenus en Libye depuis juillet 2008 en mesure de rétorsion.
M. Merz avait également accepté de parapher un document prévoyant la normalisation des relations entre les deux pays en deux mois, soit jusqu’au 20 octobre.
Mais depuis, les relations se sont au contraire dégradées entre Berne et Tripoli, principalement en raison du sort de ces deux Suisses, dont l’un dirigeait la filiale libyenne du groupe d’ingénierie ABB et l’autre une PME helvétique.
Les deux hommes, qui étaient assignés à résidence dans la capitale libyenne, ont disparu fin septembre des écrans de la Confédération.
Tripoli a affirmé les avoir placés en «lieu sûr», juste après une rencontre entre Hans-Rudolf Merz et Mouammar Kadhafi le 23 septembre à New York, où le leader libyen avait assuré «s’engager personnellement» pour leur retour dans la Confédération.
Prenant acte de leur disparition après l’expiration de l’accord du 20 août, la ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, a accusé le 22 octobre Tripoli de les avoir «kidnappés».
Elle avait également indiqué que Berne se réservait le droit de «changer de  stratégie», sans plus de détails.
Plusieurs voix dans la Confédération s’étaient alors élevées pour réclamer un durcissement face à la Libye, certains évoquant même la rupture des relations diplomatiques. La majorité préconisait de ne plus octroyer de visa Schengen, dont la Suisse fait partie, à des ressortissants libyens. Berne est restée jusqu’à présent silencieuse sur d’éventuelles mesures. Le porte-parole du gouvernement a juste indiqué, mercredi, que la Confédération poursuivrait «jusqu’à nouvel ordre sa politique de visas restrictive vis-à-vis des ressortissants libyens», sans vouloir donner plus de précisions.

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