La traque se resserre autour des terroristes

Abdelmalek Bouezgarne, l’une des premières personnes à avoir fait l’objet d’un avis de recherche dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 16 mai, aurait pris la poudre d’escampette, alors que la police avait localisé la planque où il se cachait. Il s’agit de l’un des intégristes ayant fait allégeance à l’«émir de sang», Youssef Fikri, auprès duquel il a participé au meurtre d’au moins trois personnes et à une trentaine d’agressions, à Casablanca, Nador et Youssoufia.
Avant de s’enfuir, vendredi, Bouezgarne  aurait trouvé refuge dans une maison sise au quartier Attacharouk, à Casablanca Des sources concordantes précisent qu’une descente de police a été effectuée dans la maison en question suite aux déclarations d’un «frère» arrêté. Ce dernier, ajoutent les mêmes sources, a été appréhendé, vendredi dernier, au quartier Ben M’sik en compagnie d’un deuxième «takfiriste» de la Salafiya Jihadiya. Trois autres adeptes de ce courant auraient été arrêtés, le même jour, au quartier Sidi Bernoussi, à Casablanca, dont l’un en possession d’une arme à feu. Des épées, des couteaux et d’autres armes blanches ont été saisis lors de cette descente.
D’autre part, huit nouveaux mis en cause, dont trois journalistes et trois femmes, ont été traduits devant le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat. Il s’agit de Zakarya Boughrara alias «Abousayf Al Islam», 33 ans, célibataire, sans profession, Youssef Boughrara, 31 ans, chauffeur de taxi, Mohamed L’hard, 35 ans, Abdelmajid Ben Tahar respectivement directeur et rédacteur en chef du journal «Asharq», paraissant à Oujda. Il s’agit également de Mostapha Qachnini, 36 ans, directeur du journal «Al Hayat Al Maghribya», paraissant également à Oujda, Najat Boughrara, 41 ans, sans profession, Hayat Allali, 30 ans, femme au foyer et Houria Mimouni, 46 ans, institutrice. L’arrestation de ces personnes est survenue suite à la publication dans le journal «Al Hayate Al Maghribiya», d’un article signé Zakarya Boughrara et repris par le quotidien «Asharq».
Concernant l’article incriminé et publié dans les deux journaux oujdis, celui-ci véhicule des idées de la Salafiya Jihadiya et appelle à la préparation de personnes et de moyens susceptibles de servir à mener des actes terroristes. Bien que comportant des expressions louant les actes criminels perpétrés par les «takfiristes», le journaliste Mustapha Qachnini d’«Al Hayat Al Maghribiya », a publié cet article et a également publié une interview avec le prédicateur Mohamed Fizazi, l’un des théoriciens de «la Salafiya Jihadiya », qui a salué les actes terroristes perpétrés à Casablanca. Les deux journalistes de «Asharq», Mohamed Lhard et Abdelmajid Ben Tahar, ont, quant à eux, repris l’article de Zakarya Boughrara , ainsi que l’interview réalisée avec Fizazi. L’enquête menée par les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a révélé que l’auteur de l’article, Zakarya Boughrara, recevait des fonds de parties étrangères appartenant à la Salafia Jihadiya liée à l’organisation Al Qaïda et que ces fonds étaient destinés à financer les adeptes de la Salafiya Jihadia afin de financer des attentats terroristes. «Abousayf Al Islam» a reçu, à ce propos, des sommes d’argent qu’il remettait à certains théoriciens de la Salafiya Jihadiya dont Ahmed Rafiki alias «Abou Houdaïfa», son fils Mohamed Abdelouahab Rafiki, alias «Abou Hafs», et Mohamed Fizazi. Il chargeait des membres de sa famille de retirer les sommes d’argent adressées à partir de l’étranger.
Par ailleurs, Zakarya Boughrara s’était mis d’accord avec un certain nombre de personnes pour la confection de passeports falsifiés pour les utiliser  afin de voyager en Angleterre en vue d’y rencontrer certains membres de «la Salafia Jihadia». Les huit nouveaux mis en cause ont été traduits devant le juge d’instruction près la Cour d’appel de Rabat, poursuivis pour collecte de fonds auprès d’une partie étrangère et leur utilisation à des fins terroristes, participation à la falsification de passeport et sa possession de manière illégale en usant de faux nom, dissimulation de documents de nature à faciliter l’enquête sur un ou plusieurs délits et pour avoir loué par des publications destinées à la vente des actes qui représentent un crime terroriste. Les investigations sont toujours en cours pour mettre hors d’état de nuire d’autres «takfiristes» recherchés.

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