La tricherie, ruse intelligente ou autodérision

La tricherie, ruse intelligente ou autodérision

Tricher aux examens. Voilà une pratique assez répondue parmi les jeunes étudiants de tous niveaux confondus. Entre les antisèches et les nouveaux moyens de communication, plus rien ne surprend les surveillants. À l’heure des téléphones portables et des stylos numériques, les gribouillis sous les semelles sont pourtant encore d’actualité. Tous les moyens sont bons pour les fraudeurs. Pour la grande majorité, la fraude est le chemin le plus court pour réussir. Et même pour ceux qui n’ont pas d’imagination en la matière, certains sites Internet proposent même des conseils pour tricher pendant les examens. Ils expliquent dans un premier temps comment se déroule l’épreuve (ce que font les surveillants), puis les meilleurs moments pour sortir les antisèches et où les cacher (dans les habits larges, en dessous des tables…). Le tout, accompagné de forums, pour permettre aux étudiants d’échanger leurs expériences de tricherie. Aussi, pour être en conformité avec la loi et se préserver de toute attaque judiciaire, ils informent tout de même des sanctions encourues en cas de fraude. «Pourquoi je perdrais mon temps à apprendre de longues leçons quand je peux réussir à moindre effort, en trichant», déclare un élève en première année du baccalauréat. En effet, ce ne sont pas moins de 591 cas de triche qui ont été enregistrés durant les trois journées de la session normale du baccalauréat en 2009. Un bilan encourageant par rapport aux années précédentes avec un nombre de cas qui a nettement baissé. En 2008, 1.015 cas avaient été enregistrés contre 1.350 en 2007. Bien que la fraude et la tentative de fraude aux examens soient sévèrement punies, cela ne dissuade pas les tricheurs. Les mesures punitives commencent par la note zéro qui est soumise à des conditions. Dans ce cas précis, le correcteur doit automatiquement accompagner sa décision par un rapport justificatif et la suspension des candidats. Sinon, dans le cas de flagrant délit, les coupables sont passibles de 1 à 5 ans d’interdiction de candidature à l’examen. Ainsi, les surveillants procèdent immédiatement à la suspension des candidatures des personnes prises en flagrant délit de fraude. Ces derniers passent ensuite devant une commission régionale qui examine au cas par cas la situation de chaque candidat et décide enfin du sort des tricheurs selon le rapport établi par les surveillants et selon la gravité de l’acte. Les techniques de triche bien connues par les élèves et un peu moins par les surveillants se répartissent en deux grandes catégories, celles qui ont trait au matériel électronique (portables, Bluetooth) et les traditionnelles notamment les antisèches, ces résumés de leçons miniaturisés imprimés sur des feuilles qu’on photocopie à tour de bras dans de petites dimensions dans les téléboutiques et bureaux de tabac. Parmi les témoignages les plus choquants relevés par ALM chez des étudiants, on cite : «Mon camarade, assis à côté, a sorti son Iphone et trouvé sur le Net les réponses du test d’Histoire. Comme l’écran est tactile, le surveillant n’a rien entendu». Ou encore : «Un ami m’a raconté qu’il avait remplacé l’étiquette d’une bouteille d’eau par une autre, scannée, retouchée à l’aide d’un logiciel puis recollée en guise d’antisèche». Autant de techniques pour duper le surveillant, trahir ses camarades et en fin de compte décrocher une moyenne non méritée. Tricher revient donc à se tromper soi-même.

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