La tuberculose frappe les bovins

La tuberculose frappe les bovins

Il n’y pas que la grippe aviaire attrapée par la volaille  qui suscite l’inquiétude. Il y a aussi la tuberculose bovine qui touche les bœufs et les vaches. La psychose née de cette dernière maladie, transmissible à l’homme,  s’empare surtout des campagnes marocaines.  Peu rassurés, certains rechignent à consommer la viande rouge. "On ne sait plus quoi manger. La grippe aviaire menace le poulet et la tuberculose les vaches", se plaint une femme rurale. Le Premier ministre, Driss Jettou, n’est pas encore au bout de ses peines. Après le poulet, il doit maintenant consommer le steak sous l’œil des caméras pour rassurer les sceptiques.
Depuis des décennies, il est avéré que cette maladie qui se transmet à l’homme via le lait cru ou le contact avec des vaches contaminées (la viande cuite ne présente aucun danger) existe sur l’ensemble du territoire national. "Durant la période allant de 1995 à 2005, une moyenne de 4511 cas de tuberculose bovine est enregistrée annuellement au niveau des abattoirs, soit une prévalence moyenne de 1,45 %", affirme Youssef Lhor, directeur du laboratoire national d’épidémiologie et des zoonoses de Rabat. Et d’ajouter : "La situation s’est stabilisée actuellement. Et il n’y a pas eu de recrudescence de la pathologie. Si le nombre de cas enregistrés a augmenté lors des dernières années, ceci est en relation avec le renforcement du système de surveillance mis en place.
En d’autres termes, le taux de déclaration a augmenté et non celui de la maladie." En 2002, quelque 6674 cas ont été recensés dans les abattoirs nationaux agréés. En 2003, près de 6600 cas de tuberculose bovine ont été relevés, toujours au niveau des abattoirs réglementés.  "Il n’y a pas de quoi s’affoler, explique Hamid Benazzou, directeur de l’Elevage au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des pêches maritimes. La maladie de la tuberculose bovine est présente au Maroc depuis de longues années. Le nombre de cas relevés est presque le même. Pas de panique donc. Les viandes bovines sont régulièrement inspectées au niveau des abattoirs par les services vétérinaires. Le lait pasteurisé ne présente aucun danger pour le consommateur.",
Bien que les responsables du ministère tiennent un discours qui se veut rassurant, les cas de vaches tuberculeuses détectés à travers les différentes régions du Royaume laissent craindre une situation alarmante. L’abattage clandestin, un phénomène très répandu,  fait peser un risque sur la santé des citoyens.
Par ailleurs, sur la base des résultats assez significatifs de l’épidémio-surveillance de la maladie au Maroc, une stratégie nationale de lutte contre cette zoonose a été mise en place. Ce programme est basé sur la tuberculination des bovins dont le but est d’assainir les élevages atteints. Sa mise en œuvre a démarré, dans une première étape, dans une zone-pilote dans le cadre d’un partenariat entre la direction de l’Elevage et les associations d’éleveurs. Ce programme consiste en un dépistage des élevages de bovins, l’abattage des animaux affectés et l’indemnisation des propriétaires.
En effet, au cas où des animaux malades seraient  détectés, l’unique solution est l’abattage des troupeaux. "L’Etat indemnise depuis des années l’éleveur pour chaque vache perdue. Le taux d’indemnisation est tributaire de l’espèce, la race et l’âge de l’animal.
Actuellement, un plafond de 10 000 dirhams a été fixé. Ce taux sera revu à la hausse très prochainement", indique M. Lhor. Alors comment éradiquer la maladie de manière définitive ? "L’abattage de tous les bovins contaminés est la seule solution pour l’élimination totale de la maladie. Il n’existe aucun vaccin pour les animaux. La transmission entre les animaux se fait par voie respiratoire. Et pour abattre le cheptel, il faut indemniser les éleveurs", souligne Lebrigui Khalid, vétérinaire à Had Soualem. Or, la tuberculose bovine a été éradiquée dans des pays comme la France, la Finlande et l’Australie. Pourquoi pas au Maroc ? 

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