La vengeance qui tue

La vengeance qui tue

Nous sommes au boulevard du Phare, au quartier Bourgogne à Casablanca. Un jeune homme, nommé Mohammed, a été poignardé par un repris de justice Abdenbi. Après avoir subi les soins nécessaires aux Urgences, la victime s’est rendu, au commissariat de police et a déposé plainte.
À ce moment, Abdenbi rôdait au centre-ville en quête d’une éventuelle victime. Depuis qu’il a été chassé de l’école, à la troisième année de l’enseignement fondamental, ce jeune homme, âgé de 31 ans, est devenu un truand. Il s’adonnait à la drogue. Pour s’en procurer, il volait. Un mauvais parcours qui lui a coûté cher. A l’âge de dix-neuf ans, il écope d’une peine d’emprisonnement pour complicité au vol.
Puis, les arrestations se sont succédé pour atteindre le nombre de cinq. Arrêté en 1995 et encore en 1996 pour vol avec récidive, il a purgé une quatrième peine d’emprisonnement en 1999 pour trafic de drogue. La cinquième fois remonte à 2001 quand il est arrêté pour vol qualifié. Il a été condamné à trois ans de prison ferme. Relâché en 2004, il récidive.
Entre-temps, il fait la connaissance de Driss, alias Nakâ, un drogué et voyou d’une trentaine d’années. Lors d’une soirée, il y a de cela un an, un malentendu est éclaté entre les deux amis, Abdenbi et Driss. Malentendu qui a cédé la place aux injures puis aux mains et enfin aux couteaux. Plus rapide qu’Abdenbi, Driss a donné un premier coup de couteau au niveau du rein gauche, un deuxième au niveau de la nuque et un troisième au niveau de la poitrine de son protagoniste. Dans un état très grave, Abdenbi a été transporté vers les Urgences. Il fallait attendre plus de trois semaines pour que sa santé se rétablisse.
Un mois plus tard, l’idée de la vengeance commence à germer dans sa tête. Deux mois après l’incident, Abdenbi a croisé Driss au café Annajma, au quartier Bourgogne. Il a aussitôt saisi un verre, l’a brisé pour garder le tesson dans sa main. Il a avancé ensuite vers Driss. Ce dernier fait sortir un couteau et s’apprête à le larder de coups. Abdenbi s’est enfui. Et pourtant, il est à l’affût du moment opportun pour se venger de son protagoniste. Au décembre 2004, Driss est arrêté après avoir agressé un jeune homme de son quartier. Au mois d’août, il a été libéré. Depuis, Abdenbi ne le quitte pas du regard.
Mardi 20 septembre. 20 heures 30 mn a sonné. Abdenbi s’est rendu chez Dounia, une jeune fille de vingt-trois ans qui vend les comprimés psychotropes au quartier Boutouel. Il en a acheté quatre comprimés Rivotril contre 40 dirhams. En retournant à son quartier, il a rencontré Driss. Il a commencé à le provoquer. Driss ne répondait pas. Il se contentait de le regarder sans bouger. En un clin d’œil, il a fait sortir un couteau de sa jaquette. Abdenbi a été, cette fois-ci, plus rapide que Driss. Il lui a asséné un premier coup de couteau à la nuque, puis à la poitrine. Driss a lancé un cri strident avant de s’effondrer. Abdenbi a pris la poudre d’escampette. Transporté par les éléments de la Protection civile aux Urgences, Driss a succombé à ses blessures. Arrêté par les limiers de l’arrondissement de police à Bourgogne, Abdenbi a été confié aux éléments de la 4ème section judiciaire du district de Casablanca-Anfa. En soumettant ce dernier aux interrogatoires, les policiers ont appris qu’il avait agressé, avec la complicité d’un certain Hachim, 30 ans, une étudiante en lui subtilisant son téléphone portable.
Abdenbi, Hicham et Dounia ont été traduits enfin devant la Cour d’appel de Casablanca.

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