La vérité sur un drame

L’incendie survenu dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre dans la prison Sidi Moussa d’El Jadida et la mise en place d’une commission d’enquête suscitent encore des remous. A ce propos, l’Association Marocaine des Droits de l’Homme, l’Organisation marocaine des Droits humains et l’Observatoire Marocain des Prisons ont rendu publique, lundi dernier, un communiqué intitulé «Les incendies dans les prisons» dont elles ont mentionné que les résultats des enquêtes, effectuées suite aux incendies survenues durant ces quatre dernières années au pénitencier Oukacha à Casablanca et à la prison locale de Souk Larbaâ, n’ont pas été dévoilés jusqu’à aujourd’hui.
Une position des autorités publiques incompréhensible a incité les trois associations, précise le communiqué, à se pencher sur le suivi de la situation dans les prisons et la prise des dispositions nécessaires pour la participation à mettre fin à ces drames.
A ce propos, elles s’adressent aux autorités publiques notamment le ministère de la Justice. Elles ont manifesté de vives protestations contre la dissimulation des résultats des enquêtes et ont réclamé la divulgation et la publication des décisions et les dispositions prises contre les responsables des incendies survenus dans les prisons et ce, afin d’éviter d’éventuels incendies pareils.
Les trois associations ont exhorté, par ailleurs, les autorités publiques à prendre les dispositions nécessaires pour que l’enquête vise le côté pénal et administratif et qu’elle vise tous les éléments impliqués dans l’incendie de la prison Sidi Moussa d’El Jadida et qu’elle aura comme objectif la détermination, le plus tôt possible, des responsabilités. Un tel procédé devrait avoir lieu pour éviter une éventuelle disparition de preuves s’il s’agit d’un crime, et éviter le risque d’atteinte aux droits des victimes.
Les trois associations ont réclamé dans le communiqué la participation des organisations non gouvernementales dans la commission d’enquête mise en place. A ce propos, le secrétaire adjoint de l’Observatoire Marocain des Prisons, Youssef Madad, a affirmé que cette réclamation trouve sa justification sur les rapports annuels et les recommandations présentées pendant différentes occasions par les trois associations. «Malheureusement leurs résultats n’ont pas été pris en considération et ont été marginalisés», a-t-il expliqué avant de préciser que : «Ce qui veut dire que la société civile devra être impliquée dans la gestion des prisons…». Le secrétaire adjoint de l’OMP s’est interrogé sur le fait que la commission a été mise en place par le ministère de la Justice «alors qu’il est responsable de ce qui s’est passé aux trois prisons» avant de conclure : «C’est contradictoire que ce ministère soit en même temps juge et partie prenante…».
Signalons que le ministère de la Justice a mis dernièrement en place une commission d’enquête présidée par Me Rachid Bayahya, président de Chambre à la Cour Suprême, attaché au cabinet du ministre de la Justice et composée de Noureddine Al-Jamal, président de Chambre à la Cour Suprême, attaché à l’inspection générale du ministère de la Justice, Abderrahmane Boubcher, procureur du Roi près la Cour d’Appel d’El Jadida, Dr Abderrazak Guennoun, membre du Conseil consultatif des droits de l’Homme et président du groupe de travail chargé de l’étude de la situation dans les prisons, et de Abdelkhalek Senhaji, chargé de la situation des prisons, chef de la division d’inspection à l’administration pénitentiaire et de la réinsertion.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *