La vertigineuse ascension d’Abdelaziz Laâfora

Abdelaziz Laâfora est né en 1952 à Kalâat Seraghna. Son histoire restera liée à celui qui l’a «fait», à savoir Driss Basri, l’ancien omnipuissant ministre de l’Intérieur. C’est sur les bancs de la Faculté de droit de Casablanca que les deux hommes se sont rencontrés. Etudiant de Basri tant dans ses études en licence qu’en troisième cycle (1972 à 1977), Laâfora a dès lors choisi son camps, celui du ministère de l’Intérieur de l’époque qu’il a intégré  en 1976, recruté et pris sous l’aile de son tuteur qui fera de lui son directeur de cabinet à partir de cette date. Ceci, jusqu’à 1984, date à laquelle il a été nommé gouverneur de la province de Benslimane.
Le choix du lieu se passe de tout commentaire. Trois ans après, Laâfora reviendra au ministère de l’Intérieur. Il y a occupé le poste stratégique de la direction de l’Equipement, de l’Administration du territoire et de l’Environnement.  Il y est resté jusqu’en 1991, date de sa désignation en tant que gouverneur de Aïn Chock-Hay Hassani, puis de 1994 à 1999, de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi.
Il s’agit rien moins que des deux pôles d’extension industrielle et urbaine de Casablanca, un terrain fertile à toutes les manigances, notamment sur le foncier. En 1999, il est retourné à l’Administration centrale et a occupé le poste d’administrateur principal. Entre-temps, Laâfora a eu trois enfants et provoqué bien des scandales. Allant de poste en poste, toujours plus haut, toujours plus vite, glanant titres et privilèges à chaque passage sous le regard protecteur de son bienfaiteur, Laâfora se croyait hors de toute atteinte. La chute n’en sera que plus dure.  Et c’est l’affaire toujours en cours qui a sonné le glas à ses multiples promotions et son fructueux exercice du pouvoir. Depuis, l’homme est en incarcération préventive. Sa proximité de Driss Basri ne l’a alors servi en rien. L’ancien ministre était en disgrâce. Ses années de « gloire » étaient derrière lui. Mais à aucun moment, Laâfora ne trahira son mentor.  Laâfora était devenu un peu plus que l’ami de la famille Basri, veillant sans cesse à ses intérêts et allant jusqu’à devenir lui-même le « parrain » du fils de Basri, Hicham. Une proximité dont Laâfora a tiré bénéfice à sa manière. Se rapprocher de lui revenait à se rapprocher de son père spirituel. A l’image de ce dernier, l’homme était craint, sollicité et approché de partout. Laâfora était également loin d’être dupe. Il faisait faire au lieu de faire, faisait signer au lieu de signer…Ce qui explique tout le mal que la justice a eu à le coincer et la facilité, consternante, avec laquelle il a des chances de s’en sortir, plus ou moins indemne.

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