La voie de la paix sociale

Le Premier ministre, M. Driss Jettou, a tenu séparément, au siège de la Primature, des réunions avec les délégations de l’Union Marocaine du Travail (UMT) et de l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) et compte le faire, ce lundi, avec les représentants de la Confédération démocratique du travail ( CDT).
A l’issue de la première réunion tenue avec les représentants de l’UMT, M. Jettou a indiqué que les discussions ont porté sur les modalités du dialogue et son contenu afin d’aboutir à des résultats.
Cette réunion a également porté sur les dossiers à examiner, l’attitude à adopter à l’égard de ces dossiers et la position du syndicat vis-à-vis des représentants de l’entreprise et du secteur privé, a dit le Premier ministre, qualifiant ces discussions de « sérieuses et très positives ».
Intervenant au nom de l’UMT, Miloudi Mokhareq a indiqué que la délégation syndicale a, lors de cette rencontre, abordé le concept de dialogue social, considérant que la centrale syndicale qu’il représente souhaite « un dialogue sérieux, raisonnable et bénéfique à la classe ouvrière », ajoutant qu’elle « rejette tout dialogue formel et stérile ». Les revendications prioritaires de l’UMT consistent en le « respect des libertés syndicales, l’arrêt des licenciements des syndicalistes et des ouvriers en raison de leur affiliation à des syndicats ou pour leurs actions de protestation», a-t-il dit, ajoutant que la délégation a également formulé d’autres revendications et doléances des travailleurs marocains telles l’augmentation des salaires et la réforme du régime indemnitaire et de retraite. M. Mokhareq a rappelé la position de son syndicat au sujet du projet de Code du travail, qualifiant sa version actuelle de « code régressif portant atteinte aux droits et acquis de la classe ouvrière».
D’un autre côté, avant sa réunion avec la délégation de l’UGTM, M Jettou a réaffirmé son engagement, depuis la déclaration gouvernementale présentée devant le Parlement, à ouvrir un dialogue constructif, en particulier avec les syndicats, pour l’examen des dossiers en suspens, dont des dossiers importants telles la législation du travail, la réglementation de la grève, la couverture médicale et l’indemnité sur la perte d’emploi.
Pour sa part, Abderrezzak Afilal, secrétaire général de l’UGTM, a indiqué, avant ladite réunion, que cette rencontre annonce la reprise du dialogue. Au sujet des dossiers urgents, il a affirmé que les priorités sont contenues dans la déclaration commune et portent notamment sur le SMIG, l’application des lois et la révision des statuts régissant la fonction publique, soulignant que les dispositions réglementaires et législatives devant régir la grève ne doivent pas porter atteinte à ce droit mais le consacrer.
Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre, qui a duré plus de deux heures, le secrétaire général de l’UGTM a rappelé la position de son syndicat, adoptée suite aux événements du 14 décembre 1990, selon laquelle il a été décidé de changer l’approche revendicative qui prévaut au sein de la sphère syndicale par une nouvelle stratégie participative. D’un autre côté, M. Afilal a fait part de la nécessité d’inscrire le dialogue social dans une optique globale et d’éviter l’exploitation occasionnelle de toute négociation avec les syndicats.

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