La voie royale

La voie royale

Lors de ce conseil, les moyens d’assurer de très bonnes conditions pour accueillir les dirigeants et chefs de délégations et faciliter leur participation aux travaux de ce Sommet ont été passés en revue.
Bref, l’objectif primordial réside dans la volonté de faire réussir cette importante rencontre, et que le contenu du Sommet soit à la hauteur des aspirations des peuples arabes et au service de leurs causes fondamentales.
Le souvenir de l’échec pendant le mois de mars est encore tout frais dans la mémoire des peuples arabes, alors que la conjoncture internationale actuelle nécessite plus que jamais une vision commune et une stratégie cohérente et unifiée des dirigeants arabes. Sur ce dernier point, le Maroc a toujours appelé à dépasser le stade des querelles et des disputes qui sont devenues une caractéristique dominante à chaque fois que la nation se trouve face à des problèmes autant délicats que décisifs. Lors du 15ème Sommet de la Ligue des Etats arabes qui a eu lieu le premier mars 2003 à Charm El Cheikh en Egypte, SM le Roi Mohammed VI, et bien avant l’invasion de l’Irak, s’était adressé très franchement aux dirigeants arabes pour qu’ils prennent leurs responsabilités. Le Souverain s’interrogeait si la Oumma arabe avait tiré de ses déconvenues passées tous les enseignements et les leçons pour faire face aux épreuves auxquelles elle est confrontée. « Pour que ce sommet puisse faire face à la situation avant qu’il ne soit trop tard, il est important d’apporter des réponses aux interrogations pressantes que nos peuples se posent: comment dégager une position arabe commune, qui soit de nature à servir les intérêts nationaux et pan-arabes et à nous permettre de peser sur le cours des événements graves que connaît la région du Golfe arabe et du Moyen-Orient?» avait dit le Souverain.
Conscient de l’intransigeance de l’histoire dont le train n’attend pas les hésitants, SM le Roi avait insisté sur l’urgence d’un changement de mentalité. « La gravité de la situation est telle qu’elle nous invite à ne pas nous complaire dans une position d’attentisme ou d’expectative, ou nous contenter de la simple condamnation, au risque de voir se produire la catastrophe. ». Ces prévisions se sont avérées justes, vu la situation actuelle en Irak et en Palestine . Par ailleurs, les Etats arabes semblent de nos jours vouloir réellement retrouver une crédibilité sérieusement entamée.
L’on parle d’un projet qui serait à même de faire ranimer les organismes dépendant de l’établissement de la Ligue arabe. Et en particulier le Conseil économique et social.
Une idée qui remet en exergue le rêve du marché arabe commun. L’information figure sur le site Internet du journal saoudien «Asharq Al-Awsat». Ce dernier parle d’un rapport secret du projet de développement du conseil économique et social de la Ligue arabe et qui a été élaboré par le cabinet « Booz Allen Hamilton».
Le projet sera soumis au prochain sommet. Les questions politiques devraient passer au second degré, cédant la place aux stratégies de développement. Sur ce point également, le Maroc, en la personne de son Roi, avait suggéré aux dirigeants arabes de privilégier le plus important. « De même, l’intérêt éminent que nous accordons aux questions politiques, pour importantes qu’elles soient, ne devrait pas occulter la nécessité d’élaborer une stratégie arabe commune de développement, dotée de mécanismes efficients. Cette stratégie pourrait ne pas se hisser immédiatement au niveau des institutions de l’Union européenne, mais elle gagnerait à s’inspirer de l’initiative du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD).
L’action arabe commune requiert une méthodologie rationnelle que ne peuvent assurer les mécanismes actuels. D’où la nécessité d’une révision profonde de la Charte de la Ligue des Etats arabes et de ses institutions. Il importe, en effet, de ne pas se contenter de la seule coopération inter-gouvernementale, mais d’y associer les instances élues, les partis politiques, les syndicats professionnels, les organisations non gouvernementales, le secteur privé et les autres opérateurs.
Leur action viendrait ainsi renforcer celle menée par certains groupements régionaux arabes, dans la perspective de création d’un espace économique de libre-échange qui constituerait l’amorce d’un marché commun, ambition proclamée dans la Déclaration d’Agadir», avait expliqué SM Mohammed VI lors du sommet précité. Le sommet prévu à Tunis sera-t-il le tournant décisif dans la politique des pays arabes ?

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