L’abandon scolaire entrave les efforts d’alphabétisation

L’abandon scolaire entrave les efforts d’alphabétisation

«L’analphabétisme continue à handicaper les efforts de développement national», a indiqué Phillipe Quéau, représentant de l’UNESCO pour le Maghreb lors d’un séminaire organisé lundi 13 octobre à Rabat, à l’occasion de la célébration de la journée nationale de l’alphabétisation. «Alphabétisation : savoir pour pouvoir» (LIFE) est le thème de cette rencontre, initiée par le Bureau de l’UNESCO à Rabat en collaboration avec le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique au Maroc. «Ce séminaire a été l’occasion de discuter du bilan et des réalisations ainsi que des perspectives a venir en matière d’alphabétisation», affirme à ALM, El Habib Nadir, directeur de la lutte contre l’analphabétisme avant d’ajouter que «ce séminaire s’est articulé autours de quatre axes, à savoir les actions d’appui à la stratégie nationale, la mise en œuvre d’un projet international sur la mesure des niveaux d’alphabétisation, la mise en place d’un système d’information pour la gestion des programmes d’alphabétisation et l’établissement d’un projet post-alphabétisation et d’intégration socio-économique des femmes localisés à Zagoura et Ouerzazate». Le rythme actuel d’alphabétisation reste insuffisant pour éradiquer l’analphabétisme en 2015. 
L’objectif du gouvernement étant de réduire le taux global d’analphabétisme à moins de 20% à l’horizon 2010 et d’éradiquer totalement ce fléau à l’horizon 2015. L’abandon scolaire continue d’alimenter le flux des analphabètes. «Pour éradiquer l’analphabétisme au Maroc, il faut une meilleure implication des départements gouvernementaux en relation avec des populations à fort taux d’analphabétisme notamment  le ministère de l’Agriculture sachant que 60% des personnes qui travaillent dans le secteur agricole sont analphabètes. Le secteur privé doit aussi s’engager à alphabétiser les employés notamment dans les secteurs à forte main d’œuvre analphabète tels que le BTP, le textile», explique  M. Nadir. A noter que le budget alloué à l’alphabétisation ne dépasse pas 0.5% du budget de l’Education nationale alors qu’il est préconisé (par l’UNESCO notamment) de réserver au minimum 3% de ce budget à l’alphabétisation et l’éducation des adultes.
Malgré ces difficultés, les résultats sont encourageants, rassure t-on du côté du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique.
Le taux d’analphabétisme au Maroc est estimé actuellement à 34%  alors qu’il était de 38,5% à fin 2006 (46,8% chez les femmes et 31,4% chez les hommes). Quant au nombre des bénéficiaires des programmes d’alphabétisation, celui-ci est en hausse, passant de 180.000 en 1998-99 à 286.000 en 2002-2003 pour atteindre plus de
650.000 en 2007-2008. Le cumul des bénéficiaires pendant les 6 dernières années a atteint quant à lui 3,2 millions de personnes. Un chiffre qui est largement supérieur  au cumul des bénéficiaires pendant près de 20 ans entre 1982 et 2002 qui était estimé à 2 millions de personnes. Les femmes représentent plus de 80% des bénéficiaires des programmes d’alphabétisation qui ciblent les personnes âgées de 15 ans et plus avec une priorité donnée aux femmes et à la tranche d’âge 15-45 ans en milieu rural. Notons que 50% des bénéficiaires sont issus du milieu rural.

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