L’ADN innocente un septuagénaire

Les faits révélés lundi par le quotidien de Clermont-Ferrand, La Montagne, ont été confirmés de source judiciaire.
Le septuagénaire, Jacques Hoffmann, avait avoué en octobre 2000, devant les gendarmes, le meurtre de son épouse, dont il vivait séparé. Marthe Hoffmann, 64 ans, avait été découverte par sa soeur, rouée de coups et étouffée avec un oreiller. M. Hoffmann avait à nouveau affirmé avoir tué sa femme lors de sa présentation au juge d’instruction, avant de se rétracter, justifiant ses aveux par la fatigue éprouvée après 48 heures de garde-à-vue. « C’est un homme en mauvaise santé, qui avait eu peu de temps auparavant un accident cardio-vasculaire, dit-il. Ils se rendront bien compte que ce n’est pas moi+ », explique son avocat, Me Jean-François Canis. A l’époque du meurtre, le parquet avait ordonné la recherche d’éventuelles traces d’ADN, et des empreintes génétiques avaient pu être retrouvées et confiées à un laboratoire de Lyon. En mars 2002, les résultats ont été communiqués au juge d’instruction de Clermont-Ferrand chargé du dossier, Jean-Luc Mercier: les traces d’ADN n’appartenaient pas à M. Hoffmann. Le magistrat décidait la remise en liberté du septuagénaire.
Dans le même temps, le juge se montre intrigué par des similitudes avec un autre meurtre commis également à Arlanc: celui de Cécile Dufrenne, une secrétaire de 31 ans, retrouvée morte à son domicile en octobre 2000. L’autopsie révèlera qu’elle avait été frappée, poignardée, étranglée, violée et étouffée avec un coussin. En mars 2001, quatre personnes seront arrêtées pour ce meurtre et mises en examen, dont une jeune femme, qui n’a fait, selon l’enquête, qu’assister à la scène. Les trois hommes se rejetteront chacun la responsabilité. Mais une trace d’ADN retrouvée sur place correspond à l’un d’eux, Karim Bouazza, 28 ans. Les deux autres suspects seront remis en liberté sous contrôle judiciaire. Les résultats des tests ADN de cette seconde affaire ont également été communiqués en mars, et le magistrat instructeur a ordonné de les comparer avec les traces relevées chez Mme Hoffmann. Cet examen établira que l’ADN appartient aussi à Karim Bouazza. Ce dernier, interrogé par les gendarmes, a avoué les faits.

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