L’affaire Laraki se corse

L’affaire Laraki se corse

Nouveau rebondissement dans l’affaire de l’ancien patron de la Banque populaire. Arrêté le premier par la police espagnole, sur demande des autorités françaises, le sort d’Abdellatif Laraki est désormais entre les mains de la Justice française. Depuis  son transfert à Paris, bien d’événements se sont succédé, confirmant la chute, de celui  qui faisait la pluie et le beau temps dans la banque qu’il dirigeait. Assigné à résidence dans un premier temps en attendant son jugement, M. Laraki est dans un état de santé précaire.
Une situation qui explique la décision prise à son égard. D’après une  source proche du dossier qui a requis l’anonymat, M. Laraki a d’ores et déjà bénéficié de la liberté provisoire, moyennant caution, mais il n’a pas pour autant le droit de quitter la France. « Du moins, pas sans l’autorisation des autorités françaises et pas avant de présenter des garanties assurant sa comparution devant le tribunal de grande instance de Paris ». Le procès de l’ancien homme fort de la plus grande institution financière du pays n’en est pas moins pour très bientôt. Il débutera le 7 avril prochain.
La poursuite dont il fait l’objet à trait à des abus de biens sociaux dont il est accusé d’être l’auteur. Sa dernière arrestation a été décidée suite au rapport de la Commission bancaire française, l’équivalent de Bank al-Maghrib. Un rapport des plus accablants et qui prédit que le procès risque d’aller encore plus loin. Plusieurs d’agissements contraires à la loi bancaire, allant au-delà du chef d’accusation précédemment cité, referont surface lors de ce procès.
Abdellatif Laraki devrait, dans ce sens, s’exprimer notamment au sujet du virement sur son compte d’une somme de 2,8 millions de DH. Mais on assure que la somme ne lui était pas destinée. « Elle devait servir à l’effort de restructuration de la filière parisienne de la banque, la BP-Paris. Mais la manière dont s’est déroulée la transaction n’y était pas ». Ce qui constitue une dérogation aux règles fiscales et de travail en vigueur dans l’hexagone. Ceci, entre bien d’autres affaires d’escroquerie et plusieurs malversations qui ont plombé les comptes de la BP Paris et fait scandale dans les années 1990.
Exemple en est la société Sagil Communication, dont Hicham Aït Manna, fils du célèbre homme d’affaires de Mohammédia, était un associé à travers un prête-nom, Abderrahim El Abbassi, retranché depuis au Canada. La société avait contracté un prêt de 22 millions de francs français accordés en 1996 par la BP Paris. Le prêt était destiné en principe à financer un projet de création d’une société de négoce, de droit français, et dont les principaux actionnaires sont les Ohayon, en plus de l’homme de paille de Hicham Aït Manna. Mais ce qui était présenté au départ comme un projet ambitieux tourne au vinaigre. La faillite est totale. L’emprunt ne sera jamais remboursé. Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres. Arrêtés dans premier temps au Maroc, les principaux concernés sont relâchés par la suite. En même temps à peu près. Parmi eux, il y’avait M. Laraki qui a bénéficié, le mercredi 4 décembre 2002, soit quelques mois après son arrestation-en octobre- et moyennant une caution de deux millions de DH, de la liberté provisoire.
Une mesure assortie d’une interdiction de quitter le territoire national, levée par la suite sur la demande du concerné qui a présenté plus d’une garantie. Hicham Aït Manna est également remis en liberté la veille en échange d’une garantie d’un même montant.
Laraki estimait, à l’époque, avoir réglé ses problèmes au Maroc. Mais il n’en est pas de même en France. Le feuilleton Laraki n’est donc pas uniquement marocain. Il est également français. D’autant qu’ayant la nationalité française, Abdellatif Laraki est un justiciable français susceptible de poursuites pénales.

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