L’Aïd : Le calvaire des voyageurs

Les jours précédant la fête d’Al Aïd Al Adha connaissent, comme à l’accoutumée, un grand mouvement de déplacements des voyageurs qui désirent partager la joie de cette fête religieuse avec les autres membres de la famille dans leur foyer parental. Durant cette période, à l’aller comme au retour, notamment lors des déplacements vers des zones lointaines et insuffisamment desservies, les tracs rencontrés par les voyageurs sont innombrables et imprévisibles. Cette année, avec les vacances scolaires qui coïncident avec les jours de repos de la fête, le problème du transport se pose avec acuité.
L’activité dans les gares routières bat son plein au cours de cette semaine et encore plus le début de la semaine prochaine. Certaines grandes compagnies ont déjà affiché guichet fermé. La forte affluence a provoqué une augmentation des prix. Et les pratiques des courtiers, qui recourent à tous les subterfuges pour piéger les voyageurs, en leur vendant de faux billets, refont surface.
Pour mettre un terme à ces pratiques, ou du moins les restreindre, les responsables dans les grandes gares routières ont placé des banderoles, bien en vue, invitant les voyageurs à s’adresser directement aux guichets pour se procurer leurs billets ou effectuer leurs réservations en précisant qu’aucune réclamation n’est admise, si les voyageurs procèdent autrement. C’est-à-dire par l’intermédiaire des courtiers. Et puisque ces derniers continuent de sillonner les parages des gares routières, le cas de la gare d’Ouled Ziane à Casablanca est illustratif, et le fait que tous les voyageurs ne savent pas lire, les pratiques d’escroquerie ne sont pas à écarter. En plus, ces courtiers prennent d’assaut les voyageurs avant même qu’ils arrivent aux guichets de la gare.
Ils sautent sur leurs bagages et leur font une meilleure description de l’autocar. «Confort, respect des horaires, départ dans quelques instants, services, etc», avancent-ils aux voyageurs. Une fois la réservation effectuée, et s’il ne s’agit pas d’un faux billet, l’usager se trouve confronté à un autre problème, pour ne pas dire le grand calvaire de l’attente des autocars qui peut durer jusqu’à 4 ou 8 heures, voire plus, dans certains cas, comme l’explique une femme qui a passé toute la journée à attendre pendant la même occasion l’année dernière. Dans une telle situation, le client se trouve pris en otage.
Il ne peut même pas quitter le groupe en attente dans l’enceinte de la gare. Le suspense plane et personne ne sait quand l’autocar arrivera, et gare à tout voyageur distrait. Les problèmes ne se limitent pas aux parages de la gare routière. Mais ils accompagnent les voyageurs tout au long du trajet : excès de vitesse, arrêts dans des endroits non-autorisés, état mécanique de certains engins qui laisse à désirer, etc.
Du côté des grands taxis, les voyageurs ne sont pas, eux non plus, en meilleure posture. Les transporteurs exigent pratiquement le double du tarif réglementaire, surtout pendant les deux jours précédant la fête. Il faut dire que cette période festive présente une opportunité pour tous les abus dans le secteur. Un secteur encore marqué par l’anarchie.

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