L’Alzheimer expliqué aux malades

L’Alzheimer expliqué aux malades

En dépit de sa triste notoriété, la maladie d’Alzheimer reste méconnue dans son véritable aspect. Cela dit, aux questions «Savez-vous ce qu’est le sida ? Le cancer ? La maladie d’Alzheimer ?», l’on a tendance à spontanément répondre «Oui». Pourtant, la réponse à la dernière question distille souvent un sentiment d’incertitude.
Le sida ou le cancer bénéficient, certes, d’une campagne d’information et de sensibilisation colossale. Ce qui n’est pas le cas d’Alzheimer, d’où la chape de flou qui entoure le mal. Et c’est ce constat de fait que l’on retrouve derrière la sous-médicalisation de la maladie d’Alzheimer.
Au point que les personnes qui en saisissent quelques notions pensent, à tort, que c’est une fatalité, que toute personne touchée par cette maladie est vouée à une dégradation constante de la mémoire, avec tout l’impact négatif que cela a sur la qualité de vie, tant sur le plan de la santé que sur le plan social, jusqu’à la fin de ses jours. Erreur.
Les nouveaux traitements mis au point sont, en effet, à même d’éluder toutes ces disgrâces. La Maladie d’Alzheimer ne peut plus sévir comme par le passé, à condition, toutefois, d’être sujette à un diagnostic précoce. Les nouveaux médicaments ont le mérite de stabiliser la maladie et de mettre un terme à son évolution vertigineuse.
Cependant, le diagnostic précoce s’inscrit dans une logique de prévention, chose qui n’entre pas dans les us des Marocains, à quelques moindres exceptions près. Les effets néfastes de nombre de maladies peuvent être jugulés, voire évités si l’on recourait à des visites préventives chez divers spécialistes. Il existe des personnes qui ont pu diagnostiquer un cancer foudroyant avant que celui-ci ne passe à son acte destructeur. Ces gens-là doivent la vie à leur sens alerte et leur acte anticipatif. Cela nous amène à établir l’urgence d’une prise de conscience sur la maladie d’Alzheimer.
Dans ce sens, un programme de formation et d’information a été conjointement mis sur les rails par les laboratoires Pfizer et le service de neuropsychologie de l’hôpital des spécialités de Rabat. Comportant quatre points distincts, le programme en question est destiné aussi bien aux professionnels de la santé qu’aux patients et leur entourage immédiat.
Dans le concret, il s’agit d’organiser, au profit des praticiens, une série de séminaires de formation au diagnostic et au traitement de la maladie. Le second point consiste en la diffusion d’un guide d’information et de conseils, en langues arabe et française, disponible dans les pharmacies et chez les médecins. Aussi, un centre d’appel a été mis en place (0820 0 20 30). À l’autre bout du fil, toute personne intéressée pourra accéder à n’importe quelle information concernant la maladie.
Cette série d’initiatives est couronnée par la création de «Maroc Alzheimer», une association qui s’attellera au soutien et à l’information des patients et de leurs proches.
Louable, cette démarche tombe à point nommé, à un moment où le vieillissement de la population au Maroc gagne du terrain. Ceci est d’autant méritoire que la maladie d’Alzheimer représente la première cause de démence au Maroc.
Par ailleurs, la maladie d’Alzheimer est une maladie sénile. C’est une maladie neuro-dégénérative conduisant progressivement et irréversiblement à la perte de la mémoire. On parle d’amnésie, ainsi qu’une perte au niveau des fonctions cognitives, on parle alors d’aphasie ou troubles de l’expression et/ou de la compréhension ; d’apraxie ou incapacité d’effectuer des mouvements volontaires adaptés à un but ; d’agnosie ou incapacité de reconnaître ce qui est perçu.

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