L’amazigh déchire les chercheurs

L’amazigh déchire les chercheurs

Le débat sur l’enseignement de l’amazigh passionne toujours. On pensait que le discours de SM le Roi à Ajdir, la création de l’IRCAM, l’introduction de l’enseignement de l’amazigh dans les écoles et la réalisation d’un manuel scolaire en tifinagh avaient entériné définitivement la reconnaissance de la culture et de la langue amazighs. C’était compter sans les difficultés de la généralisation de l’enseignement de l’amazigh. Une commission très technique est à l’origine d’un débat houleux qui déchire les chercheurs.
Réunie mardi 22 juin, la commission décennale pour l’enseignement de l’amazigh, mise sur pied par la direction des curricula du ministère de l’Education nationale, «a marqué son hostilité à l’enseignement de l’amazigh», confie à ALM un chercheur à l’IRCAM. Il ajoute : «L’attitude négative des membres de la commission laisse entendre qu’un secteur déterminé parmi les responsables et parmi les enseignants se campe sur des positions du nationalisme arabe fermées à la richesse que constitue la diversité culturelle et linguistique, et hostiles à l’émergence d’une école marocaine démocratique et conviviale». Et que pensent les membres de cette commission, constituée d’une vingtaine de personnes ? «C’est n’importe quoi !», répond sans hésiter une enseignante chercheuse qui a requis l’anonymat. Elle en appelle à l’aspect technique de la commission qui n’a pas de «compétence pour statuer sur l’applicabilité d’un programme ou non». Elle explique qu’il y a eu un «débat amical et légitime entre les membres de la commission».
Ce débat se rapporte à une langue très peu connue du grand public : l’amazigh standard. L’IRCAM recommande sa généralisation à partir de la quatrième année du primaire. Le membre de la commission en explique la nature : «Cette langue n’existe pas encore, et elle devrait unifier les trois dialectes, tachlhite, tamazighte et tarifite en une langue que personne ne parle aujourd’hui. Il est normal que les membres de la commission demandent des clarifications à son sujet». «Cette commission n’est pas habilitée pour statuer sur la nature d’une langue. C’est un problème strictement technique qui relève des compétences de l’IRCAM qui possède, au demeurant, les moyens d’y remédier», réplique de son côté le chercheur à l’IRCAM. Il ajoute que «les arguments des membres de la commission sont autant d’embûches pour entraver la généralisation de l’enseignement de l’amazigh ». «C’est archi-faux ! », s’exclame de son côté Abderrahman Rami, directeur des curricula. Il précise que la commission travaille encore et qu’elle n’a pas abouti à une quelconque conclusion concernant les langues.
M Rami ajoute que cette commission «émet des propositions au ministre qui est le seul habilité à décider de leur applicabilité ».

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